Un guet-apens meurtrier à Bordeaux en 2017
Le mardi 14 mars 2017, en début d'après-midi, un Bordelais de 24 ans se rend au parking de la cité Chantecrit, allée Francis-Delobelle, au volant de son Alfa Romeo. Il a pris rendez-vous avec une connaissance suite au cambriolage du domicile de sa compagne, où une importante somme d'argent et des bijoux ont été dérobés. L'homme souhaite négocier les conditions de restitution du butin, mais il n'en aura pas l'occasion.
Une fusillade en plein jour
Dès son arrivée, le jeune homme essuie une salve de sept coups de feu. Il riposte en tirant en l'air avec un fusil qu'il possédait, mais il est atteint au visage et sur le haut du corps par plusieurs impacts de chevrotine. Grièvement blessé, il parvient à sortir de sa voiture et se réfugie chez une personne âgée dans un immeuble voisin.
Les policiers, alertés par les riverains, le découvrent sérieusement blessé. Le secteur est immédiatement bouclé pour tenter d'intercepter les auteurs, qui avaient tiré depuis le parking d'un supermarché proche. Hospitalisé, la victime se montre peu loquace face aux enquêteurs de la brigade criminelle de la police judiciaire.
Une année d'enquête pour identifier les suspects
Il faudra une année complète d'investigations minutieuses pour que l'étau se resserre sur une bande de jeunes résidant à Chantecrit. Ces individus avaient formé le groupe de rap controversé Le Famas Gang, connu pour diffuser sur YouTube des vidéos où ils s'exhibent avec des armes et de la drogue. Le 14 mars 2018, les principaux suspects sont finalement interpellés par les forces de l'ordre.
Le procès s'ouvre neuf ans après les faits
Depuis le mardi 24 mars 2026, six membres présumés du Famas Gang comparaissent devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Ils sont poursuivis pour violence avec usage ou menace d'une arme, ainsi que pour acquisition et détention non autorisée de matériel de guerre. La victime, également présente à la barre en tant que prévenue, déclare avec insistance : « Les hommes qui sont là ne sont pas ceux qui ont tiré ».
Interrogée par la présidente d'audience sur ses connaissances des agresseurs, elle répond : « J'étais là pour régler un différend financier. Je ne connais pas ces gens. J'ai émis des hypothèses mais mes investigations n'ont pas mené à grand-chose. Il y a eu beaucoup de bruit autour de cette affaire ».
Des témoignages contradictoires
Les explications des autres protagonistes restent similaires. L'un des rappeurs affirme : « On se connaissait par la musique, c'est tout. Moi, je suis arrivé par hasard ce jour-là. Je n'ai jamais entendu parler du vol de l'argent et des bijoux ». Son téléphone portable ayant borné à proximité le jour de la fusillade, il justifie cette présence par sa résidence à côté du lieu des faits.
Un autre ancien habitant de Chantecrit, actuellement détenu dans le cadre d'une autre affaire, déclare : « Je ne me sens pas concerné, je n'ai jamais eu d'arme dans les mains. Enfin si, une arme factice peut-être, une ou deux fois dans des clips ».
Un arsenal découvert dans un faux plafond
Le plus jeune membre de la bande s'est rendu de lui-même à la police fin mars 2018, « par peur de la justice », après la découverte d'un impressionnant arsenal caché dans le faux plafond de son domicile familial. Les enquêteurs y ont trouvé :
- Un pistolet-mitrailleur 9 mm avec plusieurs chargeurs
- Un gilet pare-balles siglé « police »
- Quatre armes de poing, dont un Smith & Wesson de calibre 38 spécial avec des munitions
Devant le tribunal, sa mémoire semble vaciller et il ne parvient plus à se souvenir de la personne qui lui avait demandé de garder ces armes. L'audience se poursuit ce mercredi 25 mars 2026, neuf ans jour pour jour après les événements tragiques.



