Procès de Pau : le calvaire de la petite Effie, morte à 2 mois sous les coups de ses parents
Procès de Pau : le calvaire de la petite Effie, morte à 2 mois

Procès de Pau : le calvaire insoutenable de la petite Effie, morte à 2 mois

La petite Effie est décédée à l'âge de seulement 2 mois, après des semaines de maltraitances atroces et deux jours d'agonie. Ses parents, un jeune couple résidant alors à Hendaye, comparaissent du 11 au 13 février devant la cour d'assises de Pau. Ce qu'a enduré ce nourrisson défie toute compréhension humaine.

Une vie brève marquée par la violence

De sa naissance, le 16 novembre 2022, à son décès, le 18 janvier 2023, Effie n'aura connu que des violences, des maltraitances et des négligences de la part de ses propres parents. Samuel P., 24 ans, et Mairi J. I., 21 ans, placés en détention provisoire deux jours après la mort de leur enfant, sont jugés pour violences volontaires habituelles ayant entraîné la mort sans intention de la donner et pour non-assistance à un mineur en danger.

Le père, âgé de 21 ans au moment des faits, est notamment accusé d'avoir donné des gifles, des pichenettes, des coups de poing à sa fille, de l'avoir jetée violemment en l'air et même de lui avoir mis un joint dans la bouche, comme en témoigne une photo retrouvée sur son téléphone. Deux jours avant la mort de l'enfant, il a envoyé par SMS à la mère : « Putain ferme lui sa gueule on l'a au taquet entendu ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le récit glaçant des événements

La mère, qui avait à peine 18 ans, aurait tardé à avertir les secours la veille du décès de sa fille et avait refusé tout accompagnement médical et psychologique. Selon ses déclarations, son ex-conjoint a maltraité leur fille « jusqu'à ce qu'elle meure », la violentant dès les 15 premiers jours de sa vie avec des coups, des doigts dans la gorge ou des étranglements.

Elle a changé de version pendant les auditions, protégeant d'abord Samuel P. avant de se retourner contre lui. Elle explique n'avoir rien dit plus tôt car elle « l'aimait » et « n'arrivait pas à se décider ».

Un environnement insalubre et des refus d'aide

Le calvaire de la petite Effie s'est déroulé dans une chambre de 10 mètres carrés, dans la maison de la mère de Mairi J. I., à Hendaye. Cette pièce insalubre, dépourvue de lit pour bébé adapté, contenait des excréments et de l'urine de chat, des litières et des gamelles.

Sans activité professionnelle, bénéficiant uniquement du RSA et addicts au cannabis, les jeunes parents ont éprouvé des difficultés à élever leur fille dès le départ. Ils ont pourtant refusé la plupart des aides proposées au vu de leur situation sociale, psychologique et financière, et ne se présentaient pas aux rendez-vous post-nataux.

L'agonie et le décès tragique

Le 17 janvier 2023, alors que l'enfant dormait les yeux ouverts, avec les pupilles dilatées et le bras qui tremblait depuis la veille, le couple s'est résolu à appeler le Samu. Le père avait initialement refusé, par « peur d'aller en prison », mais a changé d'avis face à l'état critique du bébé.

Prise en charge au centre hospitalier de Bayonne, Effie a été transférée d'urgence en réanimation pédiatrique au CHU de Bordeaux, où elle est décédée le lendemain. Le compte rendu d'hospitalisation indique que « l'importante dégradation de l'état neurologique de l'enfant ne permettait pas que soit réalisé un geste neurochirurgical ». Les soignants ont décidé d'un arrêt des thérapeutiques pour « ne pas prolonger l'agonie du nourrisson ».

Les conclusions accablantes de l'autopsie

Selon l'autopsie, Effie est décédée « d'une mort violente secondaire à des traumatismes crâniens non accidentels causés par des chocs et/ou contre des objets contondants ou contre un plan dur ou des coups directs portés au niveau de l'extrémité céphalique, très probablement associés à un mécanisme de secouement ». Le bébé présentait de nombreuses fractures anciennes, des cals osseux, des ecchymoses, des contusions et une insuffisance pondérale.

Les aveux partiels et les contradictions

Dans ses auditions, Samuel P. a reconnu des pichenettes, des pincements et avoir jeté sa fille en l'air, concédant des mouvements brusques, mais niant les coups ou gifles volontaires. Il raconte un épisode où il a failli la laisser tomber, la rattrapant par la gorge.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Concernant les faits du 16 janvier, il explique qu'il tenait Effie dans les bras après lui avoir donné le biberon lorsqu'il s'est brusquement retourné, faisant heurter violemment la tête de sa fille contre l'angle métallique du lit. Il n'a pas alerté les secours et est parti acheter du cannabis. « J'ai tué ma fille, je suis mal, je veux voir un psy », a-t-il avoué en garde à vue.

Mais selon Mairi J. I., il jouait au jeu vidéo « Call of Duty » lorsqu'il s'est mis à crier sur sa fille, l'a sortie du berceau avant de la jeter sur le lit et de la frapper au visage. Effie aurait été prise de tremblements avec des pupilles dilatées juste après cet épisode. À Pau, les juges et les jurés devront maintenant déterminer la responsabilité de chacun dans cette tragédie.