Procès d'Aurélie S. à Vaucluse : une personnalité complexe face à l'accusation de meurtres de bébés
Procès Aurélie S. : personnalité complexe face aux meurtres de bébés

Procès d'Aurélie S. à Vaucluse : une personnalité complexe sous le feu des projecteurs

La cour d'assises de Vaucluse a consacré jeudi une journée intense à l'examen minutieux de la personnalité d'Aurélie S., une femme de 44 ans jugée pour les meurtres de deux de ses bébés, dont elle avait ensuite congelé les corps. Les débats ont mis en lumière des portraits contrastés : pour certains, elle est une femme intelligente et une « mère dévouée », tandis que d'autres la décrivent comme une « menteuse » et une personne « violente » envers ses filles. Aurélie S. encourt la perpétuité dans cette affaire qui secoue la région.

Une enfance apparemment heureuse, mais marquée par des traumatismes profonds

Élevée dans une famille « aimante » et « unie », de confession catholique pratiquante, Aurélie S. a grandi dans une grande maison à Mazan, au pied du mont Ventoux. Décrite comme « réservée » et « discrète » durant son enfance, elle était également une excellente élève, nourrissant le rêve de devenir psychologue. Cependant, cette image idyllique s'est fissurée à l'adolescence, où plusieurs événements tragiques ont bouleversé sa vie : un accident grave impliquant son frère, le décès d'un grand-père, et surtout, des viols commis par un cousin. Aurélie S. a révélé ces agressions durant l'enquête, mais a toujours refusé de les dénoncer officiellement, affirmant « ne pas vouloir briser la famille ». Interrogée avec insistance par l'avocat général sur ce silence, elle a éclaté en sanglots et déclaré : « Je ne voulais pas détruire mes parents ».

Une vie adulte marquée par des relations instables et des difficultés parentales

Mère célibataire, Aurélie S. a témoigné avoir « toujours eu peur de décevoir » ses parents, une peur qui a persisté à l'âge adulte et a entravé sa capacité à nouer des relations stables. Elle a connu d'importantes variations de poids tout au long de sa vie, tout en se percevant « toujours pareil dans le miroir ». Sa première relation amoureuse, décrite comme « violente », a été avec le père de sa fille aînée, et elle a ensuite reproduit un schéma relationnel similaire avec des hommes infidèles et souvent alcooliques. Ces relations ont été ponctuées de grossesses non désirées par les pères ; Aurélie S. a été enceinte au moins sept fois, parfois sous pilule et en continuant d'avoir ses règles.

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Les témoignages familiaux divergent radicalement sur sa capacité parentale. D'un côté, elle est présentée comme une mère « dévouée » et « fusionnelle » avec ses filles, tandis que de l'autre, sa sœur la qualifie de « menteuse », « droguée » et « violente ». Élevant seule ses trois filles dans un appartement à Bédoin, avec pour seuls revenus les allocations familiales, Aurélie S. a reconnu fumer du cannabis et avoir même demandé à sa fille cadette d'aller lui acheter de la drogue. Deux signalements aux services sociaux, en 2011 et 2012, ont alerté sur le fait que ses deux filles aînées étaient « livrées à elles-mêmes ». À la barre, elle a réfuté ces accusations, affirmant : « J'étais pas exemplaire, mais elles ont toujours eu à manger, elles ont toujours été propres », et ajoutant : « J'ai fait du mieux que je pouvais », tout en reconnaissant être parfois « dépassée ».

Les contradictions et les zones d'ombre autour des meurtres

Aurélie S. a affirmé que ses filles sont « le pilier » de sa vie, mais a également reconnu leur avoir dit « trop de mensonges ». Sa fille cadette a ainsi assuré aux enquêteurs ne pas croire à la thèse de la chute dans l'escalier avancée par sa mère pour expliquer la mort du premier bébé congelé. Dans les deux cas, l'accusée n'a pas su expliquer pourquoi elle n'avait pas appelé les secours après la mort des nourrissons, et avait simplement placé leurs corps dans son congélateur. Ces éléments ajoutent à la complexité du dossier, alors que la cour continue d'analyser les motivations et les circonstances de ces actes tragiques.

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