Ce vendredi, la justice allemande a condamné trois hommes à des peines de prison, dont deux avec sursis, pour avoir soutenu un groupuscule extrémiste de droite ayant comploté pour renverser le gouvernement en 2022 et enlever un ministre.
Les peines prononcées par la cour d'appel de Munich
Selon un communiqué, les peines sont les suivantes : deux ans et trois mois ferme pour Rainer S., 62 ans ; un an et neuf mois avec sursis pour Joachim K., 71 ans ; et un an et quatre mois avec sursis pour Achim M., 60 ans. Rainer S. écope d'une peine plus lourde pour avoir été reconnu coupable d'avoir participé à une organisation terroriste. Les deux autres sont coupables d'avoir soutenu cette organisation. Tous trois ont préparé ou été complices d'un « acte de haute trahison ».
L'idéologie des Reichsbürger
Les coupables adhéraient à l'idéologie des « Reichsbürger », des « Citoyens du Reich » opposés aux valeurs démocratiques et niant toute légitimité au gouvernement. Ce mouvement a connu un essor marquant lors de la pandémie de Covid-19.
Un plan précis aux rouages presque solides
Les accusés soutenaient particulièrement le « Groupe Impérial » et aspiraient à un régime autoritaire similaire à l'ancienne Constitution impériale de 1871. Leur plan était précis : enlever le ministre de la Santé de l'époque, Karl Lauterbach, renverser le gouvernement et saboter le réseau électrique du pays. Chacun avait choisi son poste dans ce « Royaume de Prusse », a indiqué le parquet fédéral. Rainer S., qui avait élaboré « différents concepts », s'était dit prêt, sur des groupes Telegram, à participer au coup d'État pour devenir ministre de l'Environnement. Joachim K., administrateur des conversations sur la plateforme russe, avait écrit une lettre au président Vladimir Poutine. Quant à Achim M., il avait promis de participer au coup d'État et souhaitait obtenir un poste ministériel.
« Chacun est libre de délirer comme il l'entend »
Le président du Tribunal, Jochen Bösl, a insisté sur le fait que, malgré un taux de réussite très faible, cela ne les disculpait pas. Il a ajouté : « Chacun est libre de délirer comme il l'entend, mais la limite est atteinte lorsqu'il est prévu de recourir à la violence armée. » Le groupe, qui cherchait à se procurer des armes et munitions, fait partie des nombreuses poursuites contre les Reichsbürger. Longtemps considéré comme excentrique, le mouvement est maintenant perçu comme une menace croissante pour la sécurité en Allemagne.



