Pont-Saint-Esprit : appel après la mise en accusation pour le double meurtre de 2023
Pont-Saint-Esprit : appel après mise en accusation pour double meurtre

Pont-Saint-Esprit : l'appel des accusés examiné après la tuerie de 2023

L'affaire judiciaire du double meurtre survenu à Pont-Saint-Esprit en octobre 2023 connaît un nouvel épisode devant la cour d'appel de Nîmes. Plusieurs des dix suspects mis en accusation ont formé un recours contre leur renvoi devant la cour d'assises, et la chambre de l'instruction a examiné le dossier ce jeudi 5 mars. Les décisions de la cour sont attendues dans les prochaines semaines.

Une fusillade d'une extrême violence en plein centre-ville

Les faits remontent au dimanche 29 octobre 2023, vers 1h30 du matin, en plein centre de Pont-Saint-Esprit. Un commando lourdement armé a ouvert le feu avec des armes de guerre sur un groupe de jeunes gens, pour la plupart originaires du Vaucluse. La fusillade a éclaté à proximité d'un bar, plongeant les témoins dans l'effroi.

Le bilan est tragique : deux jeunes hommes âgés de 24 et 25 ans ont été tués sur le coup. Selon les termes médicaux, leurs lésions à la tête étaient "au-delà de toute ressource thérapeutique". Ils ont été foudroyés par des tirs de kalachnikov et d'armes de calibre 9 mm, sans laisser la moindre chance.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

36 étuis de balles et une enquête de grande ampleur

Les enquêteurs de la gendarmerie ont découvert une scène de crime d'une rare violence. Une vingtaine d'impacts de balles ont été relevés sur les façades des commerces avoisinants, dont un bar et un salon de coiffure. Au sol, pas moins de 26 étuis de balles de calibre 7,62 – typiques des fusils-mitrailleurs de type kalachnikov – et une dizaine de douilles de calibre 9 mm ont été comptabilisés.

Les gendarmes ont immédiatement déployé des effectifs sur place, et l'enquête a été confiée à la section de recherches de Nîmes. Les malfaiteurs ont pris la fuite à bord d'une Peugeot 308, retrouvée brûlée quelques heures plus tard à Mondragon, dans le Vaucluse, à une dizaine de kilomètres de Pont-Saint-Esprit.

Un contexte lié au narcotrafic et une opération spectaculaire

Des mois d'investigations ont été nécessaires pour établir que cette tuerie serait liée au narcotrafic dans le Vaucluse. Le 30 avril 2024, une opération de grande envergure a mobilisé 240 gendarmes du Gard, des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, ainsi que des équipes du GIGN. Supervisée par le juge d'instruction et un magistrat du parquet de Nîmes, cette intervention a conduit à la garde à vue de 13 personnes et, finalement, à la mise en examen d'une dizaine d'individus.

Les charges retenues sont lourdes :

  • Meurtre en bande organisée
  • Tentative de meurtre en bande organisée
  • Détention d'arme
  • Association de malfaiteurs

La procédure d'appel devant la chambre de l'instruction

Après deux années d'instruction, le juge a ordonné le 13 janvier 2026 la mise en accusation devant les assises d'une dizaine de suspects, principalement des Vauclusiens, dont certains sont considérés comme des caïds. Face à cette décision, plusieurs accusés ont fait appel.

L'audience du 5 mars devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Nîmes a permis d'examiner l'ensemble du dossier. La cour doit maintenant se prononcer sur le bien-fondé du renvoi devant la juridiction criminelle, qu'il s'agisse de la cour d'assises classique ou de la cour d'assises spéciale pour les affaires en bande organisée.

Cet épisode judiciaire marque une étape cruciale dans le long processus visant à rendre justice aux victimes de cette tuerie qui a profondément marqué la région.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale