Policier municipal de La Grande-Motte suspendu pour violences et propos sexistes
Policier municipal suspendu pour violences sexistes

Un brigadier-chef principal de la police municipale de La Grande-Motte (Hérault) a été suspendu de ses fonctions après des accusations de violences, harcèlement et outrages sexistes et sexuels. Trois femmes, dont une ancienne collègue, ont dénoncé son comportement. Deux d'entre elles ont déposé plainte les 6 et 7 juillet 2026.

Une jeune ATPM raconte des brimades quotidiennes

Une assistante temporaire de police municipale (ATPM) de 21 ans, en poste depuis le 1er juin 2026, a porté plainte pour « violence par personne dépositaire de l'autorité publique suivie d'une incapacité n'excédant pas huit jours », « harcèlement » et « outrages sexistes et sexuels ». Elle décrit un comportement harceleur du brigadier-chef à son encontre, avec des brimades quasi quotidiennes. « L'an passé, ça s'était bien passé pour moi car il avait trouvé en une autre ATPM son souffre-douleur. Mais cette année, il est constamment sur moi », confie-t-elle.

Elle rapporte des propos rabaissants : « Quand je lui ai expliqué que mon objectif était de passer le concours de la police municipale, il m'a rabaissée devant les autres, en me disant : “tu serviras à rien, t'es qu'une femme”. » Lors d'une formation au « menottage », il lui a serré le poignet « à la limite de me casser le poignet ». Elle dit aussi avoir reçu des claques dans le dos et des coups de pied aux cuisses sans raison.

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Une agression violente le 2 juillet

Le 2 juillet 2026, la situation a dégénéré. Vers 11 heures, alors qu'elle passait par la salle à manger des titulaires avec son binôme, le brigadier-chef l'a menacée : « Si tu fais la prochaine formation, je te mettrai des coups de tonfa ». Après qu'elle a répliqué, il l'a sifflée, lui a ordonné de se retourner et lui a donné « un grand coup de pied dans la cuisse gauche ». Elle s'est mise en garde, mais il l'a attrapée par la tête et lui a fait un étranglement en passant sa tête sous son bras. « J'avais du mal à respirer et j'ai senti une pression importante dans l'œil gauche comme si on me mettait les doigts dedans. Il m'a ensuite amené au sol où je me suis retrouvée sur le dos. Il était carrément sur moi. » Après avoir relâché l'étranglement, il lui a demandé : « Tu vas faire quoi ? Tu vas porter plainte ? »

ITT de six jours et autres victimes

Le médecin de la jeune femme a prescrit une incapacité totale de travail (ITT) de six jours pour « des douleurs orbitales avec ecchymose de la paupière gauche, du cou et de la cuisse gauche », ainsi qu'« un état de choc psychologique ». Une ancienne policière municipale, en poste de juillet 2024 à mars 2025, a également déposé plainte. « J'ai passé neuf mois à la police municipale de La Grande-Motte et il m'a fait vivre un enfer. C'est d'ailleurs ce qui a précipité mon départ », raconte cette quadragénaire. « Il est toujours en train de rabaisser les femmes. Avec lui, les outrages sexistes, sexuels, racistes, homophobes et misogynes sont monnaie courante. » Elle mentionne aussi des sorties d'arme, pistolet chargé ou bâton télescopique, et montre des photos de bleus sur le cou, les bras et les cuisses.

Une troisième jeune femme, qui a été formée par le même agent au centre national de la fonction publique territoriale à Montpellier, confie avoir été « son bouc émissaire » pendant six mois. Elle évoque des rabaissements, brimades et réflexions à connotation sexuelle. « Il m'a fait perdre ma confiance en moi. Je n'en ai jamais parlé avant. J'avais peur des répercussions car c'est lui qui me notait. »

Le maire ordonne une enquête administrative

Stéphan Rossignol, maire de La Grande-Motte, a immédiatement réagi : « Dès que j'ai eu connaissance des faits, j'ai tout de suite pris attache avec cette jeune femme. J'ai eu rapidement en ma possession sa plainte. Et à sa lecture, j'ai pris immédiatement des mesures conservatoires. C'est-à-dire que j'ai suspendu de ses fonctions le policier incriminé. Parallèlement, j'ai ouvert une enquête administrative car je juge cette accusation grave. Comme toute affaire de ce type, il faut entendre, ensuite, les uns et les autres. » Le policier mis en cause n'a pas répondu aux sollicitations de Midi Libre.

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