Un policier municipal condamné pour harcèlement sexuel après des envois de photos intimes
Un policier municipal de Lodève, âgé de 33 ans, a été reconnu coupable de harcèlement sexuel et condamné à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal judiciaire de Montpellier. Les faits remontent au 6 mars 2023, lorsque l'homme a envoyé des photos et vidéos dévoilant ses attributs à six jeunes femmes de la région, via le réseau social Facebook.
Des victimes choquées par des images explicites
Imaginez la scène : vous recevez un message d'un compte inconnu sur votre téléphone. En l'ouvrant, vous découvrez des images explicites montrant un homme que vous connaissez, policier municipal de votre commune, en train de se masturber devant un écran d'ordinateur. Sur cet écran apparaissent vos photos de profil Facebook, ainsi que celles de cinq autres femmes, comme si vous participiez malgré vous à cette scène pornographique.
Sur les six victimes, trois ont décidé de porter plainte. Parmi elles, une élue municipale de Lodève qui avait déjà reçu deux autres messages obscènes du même individu en 2021. Le premier, daté du 25 juillet 2021, était une vidéo montrant l'homme faisant un "hélicobite" (faisant tournoyer son sexe). Le second, envoyé le 12 octobre 2021, était un lien vers une vidéo TikTok montrant une jeune femme en petite tenue, avec l'annotation "ta jumelle sur TikTok".
Des explications peu convaincantes
Devant le tribunal, le prévenu a reconnu les faits du 6 mars 2023, affirmant qu'il s'agissait d'actes volontaires. "Je reconnais que j'ai fait ce photomontage avec six profils Facebook que j'avais dans mes contacts. Tous féminins, c'est vrai. Mais je ne pensais pas que ça allait prendre cette tournure-là", a-t-il déclaré.
Concernant les messages de 2021, il a prétendu que le premier était involontaire : "J'ai présenté mes excuses à l'époque car c'était involontaire. Je m'étais trompé de destinataire". Pour le second message, aucune explication n'a été fournie.
Les avocats des victimes ont vivement réagi à ces déclarations : "Vous ne parlez que de vous. Mais vous pensez aux victimes ? Pas un mot sur ce qu'elles ont ressenti : le choc, l'effroi, la honte, le dégoût. Elles se sont senties salies par vos photos et vidéos".
Des conséquences professionnelles et personnelles
L'homme, qui présentait un casier judiciaire vierge, a déjà subi des conséquences professionnelles importantes. Après avoir été mis à pied pendant dix-huit mois, il a été révoqué de son poste de policier municipal par la mairie de Lodève et interdit de tout emploi dans la fonction publique.
Dans son jugement, le tribunal a également prononcé une peine contraventionnelle de 400 euros. Le prévenu est interdit d'entrer en contact avec les victimes pendant trois ans et devra suivre un stage de sensibilisation sur l'égalité homme-femme dans un délai de six mois, à ses frais. Il devra également verser 4 600 euros aux victimes pour préjudice moral et matériel.
L'impact dévastateur sur les victimes
Les conséquences pour les victimes ont été particulièrement lourdes. L'élue municipale, extrêmement choquée, a même mis de côté son mandat pendant un an, expliquant qu'elle ne savait pas "ce que les gens pensaient de cette histoire". "Les amalgames sont tellement vite faits", a-t-elle souligné.
Les avocats ont également pointé l'angoisse des victimes qui continuent de croiser régulièrement l'auteur des faits à Lodève, l'une d'elles fréquentant la même salle de sport. "C'est une situation très difficile à vivre", ont-ils insisté.
Malgré le traumatisme, l'élue lodévoise a exprimé sa volonté de se reconstruire : "Aujourd'hui, je vais essayer de me relancer en politique pour m'investir auprès des autres".



