La cérémonie d’entrée de Marc Bloch au Panthéon, le 23 juin 2024, a été marquée par un profond malaise. L’hommage national rendu à l’historien et résistant, fusillé en 1944 pour ses engagements, devait être un moment de recueillement. Poèmes, chants, discours et témoignages ont rythmé la cérémonie, tandis que la Marseillaise résonnait sous la coupole. Pourtant, cet instant solennel a été éclipsé par une photographie devenue virale : celle des membres de La France insoumise (LFI) posant fièrement devant le portrait du grand homme.
Une photo qui divise
L’image, diffusée sur les réseaux sociaux, montre plusieurs figures de LFI, dont la députée Mathilde Panot, souriant devant le cénotaphe de Bloch. Pour beaucoup, ce geste a été perçu comme une récupération politique déplacée. « C’est une instrumentalisation indigne de la mémoire d’un résistant », a déclaré un historien présent, sous couvert d’anonymat. La polémique a rapidement enflé, certains y voyant un manque de respect envers un homme mort pour ses idées.
Le contexte de l'hommage
Marc Bloch, cofondateur de l’école des Annales et figure de la Résistance, a été arrêté par la Gestapo en 1944 et exécuté. Son entrée au Panthéon, décidée par le président Emmanuel Macron en 2023, visait à honorer son double héritage : intellectuel et patriotique. La cérémonie, présidée par le chef de l’État, a rassemblé des personnalités politiques de tous bords, mais la photo de LFI a détourné l’attention.
Les réactions politiques
À droite, on a dénoncé une « récupération indécente ». Le député LR Éric Ciotti a tweeté : « Marc Bloch méritait mieux que cette mascarade politicienne. » De son côté, LFI a défendu son geste : « Nous honorons un résistant, c’est notre devoir », a répondu Panot, ajoutant que « la mémoire n’appartient à personne ». Mais pour de nombreux observateurs, la photo a brisé l’unité du moment.
Un symbole controversé
Cette affaire rappelle les tensions autour de la mémoire de la Résistance, souvent convoquée par des camps politiques opposés. Bloch, qui fut un socialiste critique du communisme, aurait sans doute désavoué toute récupération partisane. Selon un sondage Ifop publié le lendemain, 62 % des Français jugent que la photo était « inappropriée ». La polémique a ainsi relégué au second plan l’essence de l’hommage : célébrer un homme qui a donné sa vie pour la liberté.



