Un acte de bravoure au cœur de Pau
Théo Rozé, jeune homme de 23 ans résidant à Pau et professeur des écoles en maternelle dans la région paloise, est devenu un héros local ce mardi 10 février. Alors qu'il rentrait chez lui à pied après une séance de sport, sous une pluie battante, son parcours a pris une tournure inattendue dans une rue commerçante du centre-ville.
Une intervention spontanée
« J'avais la musique dans les oreilles et une capuche, raconte Théo. J'aperçois un petit garçon au balcon d'un appartement, avec une dame qui lui parlait depuis l'interphone en bas. » Pensant initialement à une situation banale, il propose son aide après avoir retiré un écouteur. La réponse de l'enfant, âgé de 8 ans, le glace : « Il y a le feu chez moi ! » Théo remarque alors de la fumée grise s'échappant de la fenêtre.
Face à l'urgence, il tente en vain de faire ouvrir la porte d'entrée par des voisins. Une commerçante voisine l'oriente alors vers une issue menant à la cage d'escalier de l'immeuble. « Je n'ai pas réfléchi : j'ai foncé », confie-t-il.
Le sauvetage périlleux
Montant au deuxième étage, Théo enfonce la porte du logement à coups d'épaule. « À ce moment-là j'étais quelqu'un d'autre, témoigne-t-il. Dans l'entrée, il y avait beaucoup de fumée, je n'arrivais pas trop à respirer. » Malgré la visibilité réduite, il aperçoit des flammes orange au fond de l'appartement.
Après avoir appelé l'enfant, il le voit arriver en chaussettes avec son chien. « J'avais juste une peur, c'est qu'il y ait une explosion. Je les ai pris, et on est descendus. » Les pompiers, arrivés rapidement sur les lieux, l'ont ensuite guidé pour localiser précisément le foyer de l'incendie, désormais caractérisé par une épaisse fumée noire.
Les conséquences et les réactions
L'enfant, ayant inhalé de la fumée, a été immédiatement pris en charge par les secours et conduit à l'hôpital. L'appartement a été dévasté aux deux tiers par les flammes. Le chef des pompiers a ensuite déclaré à Théo : « Tu lui as sauvé la vie. »
La mère de Théo, contactée après les faits, a exprimé sa fierté mêlée d'inquiétude : « Mais c'est mêlé à de la peur. Car ça aurait pu faire deux victimes. » Le jeune homme reconnaît le rôle crucial de la commerçante : « Heureusement que cette dame était là ! Sinon, il aurait fallu faire sauter le petit en posant un matelas. »
Théo, qui garde le chien de l'enfant pendant l'intervention des secours, relativise son acte : « Moi je me sentais bien, j'avais juste l'impression d'avoir fumé un paquet de cigarettes d'un coup. » Une histoire qui, grâce à son courage et à la réactivité des riverains, se termine bien.