Un drame routier aux conséquences tragiques à Pau
Ce lundi 20 avril, le tribunal correctionnel de Pau a rendu son verdict dans une affaire d’homicide involontaire ayant coûté la vie à un piéton. Un habitant de Pau, âgé de 39 ans, a été condamné à dix mois de prison ferme pour avoir percuté un sexagénaire en avril 2025, entraînant son décès quelques jours plus tard. Le conducteur était sous le coup d’une suspension de permis au moment des faits, aggravant considérablement sa situation.
Les circonstances de l’accident
Le 9 avril 2025, par une journée ensoleillée, Antoine, dont le prénom a été modifié, prenait sa voiture pour emmener deux de ses quatre enfants à la piscine. Sur le chemin du retour, vers 15 h 30, il a heurté un piéton de 59 ans sur la rue André-Mitton, à proximité du cinéma CGR de Pau. La victime, un bénévole de l’Élan Béarnais, traversait légalement sur un passage piéton, un endroit où, comme l’a souligné le procureur Richard Pineau, « un piéton doit être le plus en sécurité ».
Malgré cela, le choc a été violent, projetant le piéton à plusieurs mètres. Les secours, alertés par le conducteur lui-même, ont découvert la victime inconsciente et sans capacité d’expression. Antoine est resté sur les lieux pour tenir la main du blessé en attendant les pompiers, mais il a ensuite quitté les lieux sans se présenter comme l’auteur de l’accident. Pire, il a affirmé à un témoin qu’un autre automobiliste avait pris la fuite après avoir percuté le piéton.
Un passé judiciaire chargé
L’enquête a rapidement mis en lumière le profil du conducteur. Au moment du drame, il faisait l’objet d’une suspension de permis de six mois, prononcée en février 2025 pour conduite sous l’empire du cannabis. Déjà en mai 2017, il avait été condamné à deux mois de prison avec sursis pour la même infraction. Bien qu’il ait nié avoir consommé des stupéfiants le jour de l’accident, rien n’a pu confirmer ses dires.
Les caméras de vidéosurveillance et la géolocalisation de son téléphone portable ont permis aux enquêteurs de l’identifier et de l’interpeller une semaine plus tard. Sa voiture présentait des traces évidentes du choc, et il a fini par reconnaître les faits devant le tribunal.
Un procès émotionnellement chargé
L’audience a été marquée par des moments de grande tension émotionnelle. La fille de la victime, âgée de 20 ans et déjà orpheline de sa mère, s’est effondrée en pleurs lors du récit des faits, obligeant à une suspension de l’audience. Le piéton avait succombé à ses blessures le 23 avril à l’hôpital, des suites de multiples traumatismes.
À la barre, Antoine a exprimé ses remords, déclarant : « Tous les jours, je pense à ce drame, à la victime, à sa famille. Je ne dors plus, j’ai perdu mon travail ». Ancien livreur dans la restauration, il souffre désormais de stress post-traumatique et d’anxiété intense, et est suivi par une association d’aide aux addictions et un psychologue. Il a demandé pardon à la famille de la victime.
Les réquisitions et la décision du tribunal
Le procureur Richard Pineau a tempêté contre cette attitude, rétorquant : « J’entends vos excuses, mais vous ne pouvez pas venir en victime ! Les vraies victimes sont en deuil et pleurent un mort ». Il a requis trois ans de détention, dont deux ans de sursis probatoire, en invoquant les circonstances aggravantes de la suspension de permis et ce qu’il a qualifié de fuite.
À l’inverse, la défense, menée par maître Thierry Sagardoytho, a plaidé pour un « drame de la demi-seconde d’inattention », niant toute fuite ou infraction routière intentionnelle. Le tribunal a finalement condamné le conducteur à trente mois de prison, dont vingt mois de sursis probatoire, avec obligation de travail et indemnisation des victimes. Les parties civiles, la fille et le frère de la victime, réclament respectivement 55 000 et 20 000 euros, une décision attendue pour décembre.
Cette affaire souligne les risques graves associés à la conduite sous suspension de permis et les conséquences dévastatrices des accidents de la route, tant pour les victimes que pour les auteurs.



