Patron de bar agressé à Périgueux : peines de prison et interdiction de paraître
Patron de bar agressé à Périgueux : peines de prison

Le patron du bar-friterie Bienvenue chez le Ch'ti, Jimmy Gaborit, a été victime d'une agression et de menaces de mort fin mars à Périgueux (Dordogne). Les deux prévenus, deux quadragénaires alcoolisés, ont été condamnés jeudi 7 mai par le tribunal correctionnel à des peines de prison et à l'interdiction de paraître dans la rue Wilson.

Des menaces et une agression violentes

Le 23 mars, Jimmy Gaborit et l'un de ses employés ont été agressés par deux hommes ivres. Quelques mois plus tôt, l'un des agresseurs avait envoyé huit messages vocaux au commerçant, contenant des menaces telles que : « T'es un homme mort » ou « Je vais te couper les doigts de pied ». Ces propos ont été lus lors de l'audience.

La procureure de la République, Anaëlle Jaccard, a dénoncé ces actes : « Les commerçants se lèvent tous les matins. Voilà la récompense qu'ils en ont. »

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Un commerçant engagé et désabusé

Jimmy Gaborit s'est fait connaître fin 2025 en animant un collectif citoyen et en annonçant sa candidature à la mairie de Périgueux, avec des priorités comme la sécurité, l'immigration, le commerce, le pouvoir d'achat et l'habitat. Il militait pour la dynamisation de la rue Wilson. Mais après cette agression, il envisage de vendre son commerce : « Je réfléchis à vendre mon commerce. C'est clair que cette agression est l'élément déclencheur. »

Il confie son désarroi : « On a menacé mon enfant de 5 ans. Psychologiquement, on craque. J'aurais préféré me casser une jambe plutôt que de vivre ça. »

Des excuses peu convaincantes

Un seul des deux prévenus s'est présenté à l'audience. Il a reconnu les menaces téléphoniques, invoquant « de la rancœur », mais a affirmé ne pas se souvenir de l'agression après avoir bu « une bouteille et demie de vodka ». Il s'est excusé : « C'est horrible, je suis dégoûté. C'est trop moche ce que j'ai dit. »

Jimmy Gaborit n'a pas été apaisé : « L'alcool n'excuse pas tout. Les gens viennent au bar et se croient chez eux. Les commerçants doivent se révolter. C'est pas Chicago ici. »

Des peines et une interdiction

La présidente du tribunal a souligné que les deux prévenus étaient « connus comme des perturbateurs dans le quartier » et avaient déjà dégradé un autre établissement. Le prévenu présent a été condamné à 10 mois de prison avec sursis probatoire de deux ans pour l'agression et les menaces. Son comparse, absent, a écopé de 7 mois de prison pour l'agression et fait l'objet d'un mandat d'arrêt. Tous deux ont interdiction de paraître rue Wilson et doivent verser 2 000 euros de dommages et intérêts aux parties civiles.

Jimmy Gaborit reste amer : « Quand les gens savent qu'il y a eu une agression, ils viennent moins, c'est logique, surtout les familles. » Il ajoute, résigné : « Je suis très attaché à cette rue Wilson. Elle pourrait être super. »

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