Le parquet de Béziers, confronté à une surcharge de travail chronique et à un manque d'effectifs, voit dans l'affaire du meurtre de la petite Lyhanna un signal d'alarme. Le procureur de la République, Yvon Calvet, a déclaré que cette affaire tragique doit servir d'électrochoc pour obtenir des moyens supplémentaires.
Un parquet submergé par les dossiers
Avec seulement six magistrats pour traiter environ 12 000 procédures par an, le parquet de Béziers est l'un des plus sous-dimensionnés de France. Le taux de couverture des postes n'atteint que 70 %, ce qui entraîne des délais de traitement allongés et une pression constante sur les équipes. Selon Yvon Calvet, cette situation n'est plus tenable.
L'affaire Lyhanna comme catalyseur
Le meurtre de Lyhanna, 5 ans, a profondément ému l'opinion publique. Pour le procureur, cette affaire illustre les conséquences d'un manque de moyens : « Quand on n'a pas les effectifs suffisants, on ne peut pas traiter chaque dossier avec la rigueur nécessaire. » Il espère que ce drame provoquera une prise de conscience au niveau national.
Des revendications de longue date
Les syndicats de magistrats alertent depuis des années sur la situation du parquet de Béziers. En 2022, une grève avait été organisée pour dénoncer les conditions de travail. Malgré quelques promesses, les moyens n'ont pas été à la hauteur. Le procureur rappelle que « sans moyens humains et matériels, la justice ne peut pas être rendue correctement ».
Un appel à la Chancellerie
Yvon Calvet a adressé un courrier à la garde des Sceaux pour demander le renforcement du parquet. Il réclame au moins deux magistrats supplémentaires et des postes de greffiers. « Nous avons besoin d'un engagement fort de l'État », insiste-t-il. L'affaire Lyhanna pourrait être le déclencheur d'une réforme nécessaire.



