Une attente de quatre ans pour les parents d'Amélie Calas
Les parents d'Amélie Calas, victime d'un meurtre à Roujan en janvier 2022, viennent enfin de récupérer les affaires personnelles de leur fille, conservées sous scellés pendant quatre longues années. Cette restitution intervient après des démarches administratives complexes et un profond sentiment d'abandon ressenti par la famille.
Un appartement sous scellés depuis le drame
Amélie Calas, étudiante en soins infirmiers à Béziers, a été assassinée le 14 janvier 2022 dans son domicile de Roujan, dans l'Hérault. Son compagnon, Jordan Garnier, l'a tuée à coups de couteau, ainsi que sa voisine Caroline Fournet-Leplay, ambulancière et pompier volontaire à Pézenas, qui se trouvait sur les lieux par hasard.
Depuis ce jour tragique, toutes les affaires d'Amélie sont restées enfermées dans l'appartement du drame, interdit d'accès et placé sous scellés judiciaires. "Je n'attends qu'une chose, serrer contre moi ses affaires", confiait Jérôme Calas, le père de la victime, en novembre dernier, exprimant son désarroi face aux lenteurs de la procédure.
La restitution enfin obtenue
Après quatre années de démarches, les parents d'Amélie Calas ont pu reprendre possession des biens de leur fille le 8 janvier dernier. "Nous avons pu récupérer l'appartement le 8 janvier", a confirmé Jérôme Calas, précisant avoir obtenu au préalable l'accord de la propriétaire pour effectuer les formalités administratives nécessaires.
Le procureur de la République de Béziers, Arnaud Faugère, a officiellement confirmé cette restitution : "Les affaires de la jeune femme ont été restituées. Les scellés sur l'appartement ont été levés et l'appartement remis en état aux frais de la justice." Il a ajouté : "Il me semblait nécessaire que la justice accompagne cette famille meurtrie au cours d'un processus dont je comprends qu'il l'ait heurtée."
Une procédure judiciaire controversée
Le compagnon d'Amélie Calas, Jordan Garnier, avait été placé en détention provisoire après les faits. Cependant, les magistrats ont retenu son abolition du discernement au moment des meurtres, estimant qu'il n'était pas responsable de ses actes en raison d'une altération de son jugement.
Cette décision a eu pour conséquence que l'auteur ne sera jamais jugé en cour d'assises. Il a néanmoins été placé dans un établissement psychiatrique et fait l'objet d'une interdiction de séjour dans l'Hérault pendant vingt ans.
Le désarroi d'une famille meurtrie
La famille Calas, profondément affectée par cette décision judiciaire, a exprimé son incompréhension et son épuisement. "Nous n'en avons plus la force. Nous ne comprendrons jamais une telle décision. Nous n'allons pas nous acharner. À quoi bon ?", avaient-ils déclaré en novembre dernier.
Pour Jérôme Calas, la lenteur des procédures a été particulièrement difficile à supporter : "C'est long pour rien puisque l'autre ne sera jamais jugé. Pour la justice, le dossier est clos. Pour nous, il est toujours ouvert."
Un accompagnement tardif mais nécessaire
Le procureur Faugère a reconnu les délais excessifs de la procédure et s'est personnellement impliqué pour répondre aux demandes de la famille : "Je me suis attaché personnellement à traiter les demandes de la famille Calas et à m'assurer qu'elles étaient (enfin) satisfaites. C'est bien le minimum que l'on doit aux victimes, après ces longs délais de procédure."
Cette restitution marque une étape importante pour les parents d'Amélie Calas, qui peuvent désormais conserver les effets personnels de leur fille, même si la douleur de sa perte et l'incompréhension face au dénouement judiciaire demeurent intactes.



