À Plouvara, dans les Côtes-d'Armor, l'usine d'équarrissage SecAnim est sous le coup d'une mise en demeure de la préfecture. Les riverains, qui subissent depuis plusieurs semaines des odeurs insupportables, ont été entendus. L'entreprise doit faire cesser ces nuisances olfactives avant le 3 septembre, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu'à la suspension de son activité.
Des riverains excédés par des odeurs de décomposition
Les habitants vivant autour de l'usine SecAnim décrivent une situation intenable. « On sent la mort, c’est vraiment infect comme odeur. On sent les animaux se décomposer », témoignent-ils, interrogés par la radio Ici. Les épisodes de canicule de cet été ont provoqué la mort de milliers d'animaux, surchargeant les sociétés d'équarrissage chargées d'évacuer les cadavres, notamment en Bretagne.
Les nuisances olfactives s'infiltrent partout. Un boulanger local rapporte que l'odeur « s’infiltre dans la pâte à pain ». D'autres riverains constatent qu'elle « s’imprègne dans le linge » et qu'elle revient « avec la VMC », même lorsque les fenêtres sont fermées. Ces témoignages illustrent l'ampleur du problème pour la population locale.
La préfecture des Côtes-d'Armor passe à l'action
Face à ces plaintes, la préfecture des Côtes-d'Armor a adressé vendredi dernier une mise en demeure à l'entreprise SecAnim. Celle-ci doit prendre des mesures pour faire cesser les nuisances dans un délai fixé au 3 septembre. En cas de non-respect, l'entreprise risque des sanctions, notamment une suspension de son activité, des amendes et, selon l'évolution du dossier, des poursuites pénales, comme le rapporte la radio locale.
Cette action administrative intervient dans un contexte de saturation déjà signalé. Fin juin, la préfecture des Côtes-d'Armor indiquait à 20 Minutes « une saturation des capacités de traitement d’équarrissage sur le territoire ». La chaîne d'équarrissage ne pouvant plus absorber le flux de cadavres animaux, des solutions alternatives d'enfouissement ont dû être mises en place.
Des solutions d'enfouissement en attendant
Pour faire face à cette crise, des opérations d'enfouissement sont menées. Elles se déroulent soit dans des sites dédiés, appelés « installation de stockage des déchets non dangereux », soit directement dans des fosses creusées dans les exploitations agricoles. Dans ce département, près d'une cinquantaine d'opérations de ce type avaient déjà été réalisées au début de l'été.
Ces mesures temporaires ne résolvent pas le problème de fond pour les riverains de Plouvara. L'usine SecAnim doit maintenant apporter une réponse concrète avant l'échéance du 3 septembre pour éviter des sanctions plus lourdes. La préfecture, elle, reste en alerte sur la situation dans le département.



