Obsèques de Loana : une foule en rose pour saluer l'icône de Loft Story
Deux heures avant la cérémonie religieuse, les admirateurs de Loana ont commencé à affluer sur le parvis de la cathédrale Sainte-Réparate à Nice. Vêtus de rose, couleur emblématique de la star, ils ont manifesté une empathie sincère envers celle dont le prénom seul évoque toute une époque. Lionel et Nicolas, parmi les premiers arrivés, ont partagé leur tristesse, tandis que la foule grossissait, unie dans le recueillement.
Des témoignages poignants sur une figure tragique
Laura, 38 ans, décrit Loana comme « une figure tragique sacrificielle ». Elle explique : « À l'époque de Loft Story, en 2001, j'étais en 6e, trop jeune pour suivre l'émission. Mais ça m'avait marquée. Par la suite, j'ai toujours refusé de regarder la télé-réalité avec son théâtralisme des jeux du cirque, destinée à exploiter les faiblesses humaines. J'éprouve donc de l'empathie pour cette femme dont la production voulait tirer profit. C'est la raison pour laquelle je suis venue ce matin, aussi parce que je n'étais pas loin. »
Anthony, un Niçois de 45 ans aujourd'hui, avait 17 ans lors de la diffusion du show. Il murmure : « Une étoile de plus brille dans le ciel. Je voulais rendre hommage à la première icône de Loft Story. On s'était attachés à sa personnalité mais elle était finalement assez solitaire. Apprendre sa mort, seule chez elle avec son petit chien, c'est un choc pour ma génération. »
Eliane, 72 ans, ajoute, la voix tremblante : « Savoir qu'il s'est passé des jours avant qu'on s'aperçoive qu'elle était décédée dans son appartement, c'est terrible. Ça me fait de la peine, je me mets à la place de la famille. »
L'incarnation d'une jeunesse et la lutte contre les tabous
Pour Laura, une autre Niçoise de 37 ans, Loana incarne la jeunesse des années 2000. « Mais elle a souffert et personne n'a réussi à la sauver. Je veux garder l'image de cette femme pétillante du début », confie-t-elle. Patricia, venue spécialement de L'Isle-sur-la-Sorgue, déclare : « Pendant des années, elle a été oubliée alors je suis venue pour qu'elle ne soit pas seule. » Émue, elle compare Loana à sa sœur, décédée à 48 ans avec des problèmes similaires.
Marc, 33 ans, qui connaissait personnellement Loana, souligne son courage : « On retiendra d'elle la détermination, le sourire, le courage d'aller plus haut que nos rêves. Elle était fatiguée, à cause de sa bipolarité. Des gens toxiques ont abusé de sa gentillesse. » Benjamin, 33 ans, raconte une rencontre à l'hôpital : « Elle m'avait demandé une cigarette, j'avais refusé et j'avais pas été très sympa. Alors je suis retourné la voir, je me suis excusé et je lui ai donné deux clopes. Ensuite, on s'est bien entendus. »
Patrice, 42 ans, portant un chapeau de cow-boy rose, partageait la même maladie mentale. « Je sais à quel point c'est difficile à vivre, on peut se dégrader très vite. Le fait que sa bipolarité ait été divulguée permet de briser un tabou et de participer à sa déstigmatisation. Je pense en revanche que la médiatisation soudaine a pu la fragiliser. »
Une icône malmenée par la célébrité
Magali, 53 ans, installée à Nice depuis 2018, estime que Loana a été mal entourée. « Elle semblait être une jeune femme attachante, sensible et vulnérable. Elle a été cataloguée selon son physique alors qu'elle était intelligente, avait de la répartie. » Nicolas, 48 ans, qui l'a fréquentée à Paris après Loft Story, garde une image positive : « Elle avait une étincelle dans le regard, elle était solaire, souriante, avec toujours un mot gentil. Elle n'était certainement pas prétentieuse, au contraire, elle était accessible. Mais elle a été propulsée trop vite et sans garde-fous sur le devant de la scène. »
Lionel, 55 ans, conclut : « Ça a dû être vertigineux. Elle restera une figure de la première télé-réalité française. » La cérémonie a ainsi mêlé hommages personnels et réflexions sur les dérives du star-system, laissant une trace indélébile dans le cœur des fans.



