Une factrice condamnée pour vol systématique de courriers et colis près de Nice
Le tribunal correctionnel de Grasse a rendu son verdict dans une affaire de vol aggravé impliquant une employée de La Poste. Cette factrice, en poste depuis une vingtaine d'années dans les communes de Carros et Saint-Sauveur-sur-Tinée, a été condamnée à six mois de prison avec sursis pour avoir dérobé des courriers et colis pendant une période de trois ans.
Un système de vol organisé sur plusieurs années
Les faits se sont déroulés entre janvier 2018 et janvier 2021 dans les Alpes-Maritimes. La prévenue, identifiée sous l'initiale N., travaillait alors comme factrice pour La Poste. Pendant cette période, elle a systématiquement détourné des lettres et des colis qu'elle estimait susceptibles de contenir de l'argent ou des biens de valeur.
Le système a été découvert grâce à une opération de piégeage organisée par la direction. Des courriers tests avaient été placés dans les casiers des différents facteurs, et la prévenue en a pris un qui ne lui était pas destiné. Cette erreur a conduit à son arrestation et à la perquisition de son domicile.
Une importante quantité de courriers retrouvée
Lors de la perquisition, les enquêteurs ont découvert pas moins de 316 courriers et documents volés au domicile de la factrice. Parmi ces éléments, on retrouvait :
- Des enveloppes contenant de l'argent liquide
- Des chèques cadeaux de différentes enseignes
- Des bons de réduction et tickets restaurant
- Des chèques emploi service universel (CESU)
Le préjudice total a été estimé à 9.700 euros. D'autres colis volés étaient entreposés dans la voiture de la prévenue, qui servait de lieu de stockage supplémentaire.
Les explications de la prévenue
Interrogée par le tribunal sur ses motivations, la factrice a déclaré s'être "prise dans un engrenage". Elle a expliqué n'avoir pas pu s'arrêter après avoir cédé à une première tentation, et avoir continué ses vols pendant trois années consécutives.
La présidente du tribunal, Pascale Cina, a souligné le paradoxe de cette affaire : "Vous étiez bien vue de votre hiérarchie", a-t-elle rappelé à la prévenue, qui bénéficiait d'une bonne réputation professionnelle avant la découverte de ses agissements.
Une condamnation et des conséquences professionnelles
Le ministère public avait requis deux mois de prison avec sursis, estimant qu'il ne s'agissait pas de kleptomanie et que les risques de récidive étaient faibles. Le tribunal a finalement prononcé une peine plus sévère de six mois d'emprisonnement avec sursis.
La factrice a été radiée de La Poste depuis la découverte des faits. Elle exerce désormais des activités d'aide ménagère et d'aide à domicile. Aucune victime ne s'était constituée partie civile lors de l'audience, ce qui a probablement influencé l'absence de peine d'emprisonnement ferme.
Cette affaire soulève des questions sur les contrôles internes au sein de La Poste et la confiance accordée aux employés de longue date. Elle rappelle également l'importance de la sécurité postale pour les usagers qui confient régulièrement des objets de valeur au service postal.



