« On veut mais on ne peut pas » : l’impossible retour au Mans pour une famille de gens du voyage
Dans les Hauts-de-France, une famille de gens du voyage vit une situation de blocage total, piégée par la flambée des prix du carburant. Installée habituellement à Maubeuge pendant la belle saison, elle ne parvient pas à regagner sa maison près du Mans pour l’hiver, faute de moyens financiers. Le trajet de 440 kilomètres, nécessitant quatre véhicules et quatre remorques, représenterait une facture de 700 euros de gazole, à un prix affiché à 2,30 euros le litre, sans compter les péages.
Une crise qui frappe au-delà des professionnels
Kevis Germain, couvreur de métier, témoigne de cette impasse. « On veut partir, mais on ne peut pas. Avec le prix du gazole, pour rentrer au Mans, ça va nous coûter 700 € », confie-t-il à La Voix du Nord. La crise économique et l’inflation ont réduit les chantiers, le poussant à vouloir rentrer plus tôt pour profiter de quelques semaines de repos, mais ce projet s’avère irréalisable.
Cette situation illustre comment la hausse du carburant impacte non seulement les professionnels, mais aussi des communautés entières, rendant la mobilité inaccessible pour certains.
Expulsés et sans solution
Expulsés de leur emplacement face à l’hôpital de Maubeuge après un arrêté de mise en demeure, Kevis Germain et sa famille se sont repliés sur le parking du Décathlon à Hautmont, en l’absence d’aire d’accueil dans le secteur. Cette installation illégale est jugée inévitable, une réalité partagée par de nombreuses familles de gens du voyage selon lui.
Bloqués sans perspective de solution, ils attendent une hypothétique baisse du prix du carburant, tandis que leur situation reste précaire et incertaine.
Un contexte national tendu
Cette histoire s’inscrit dans un contexte national où les prix des carburants atteignent des sommets, suscitant inquiétude et mobilisation. Des régions comme Nîmes, Montpellier, Sète ou Béziers voient le litre de gazole dépasser 2,80 euros, alimentant les débats sur l’accessibilité énergétique.
Des acteurs comme TotalEnergies prolongent leur plafonnement, mais les tensions persistent, avec des professionnels et des citoyens alertant sur les conséquences économiques et sociales de cette crise.



