Nuisances sonores à Aytré : la salle Jean-Vilar au cœur d'un conflit entre riverains et mairie
Des habitants du centre-ville d'Aytré ont exprimé leur exaspération face aux nuisances sonores générées par des soirées privées organisées dans la salle municipale Jean-Vilar, située dans le parc Jean-Macé. Ces plaintes répétées ont été officiellement transmises à la municipalité ainsi qu'à l'Association de quartier du centre-ville, déclenchant une réaction des autorités locales.
Des témoignages accablants lors du Conseil municipal
Lors du Conseil municipal de janvier, un riverain directement concerné a pris la parole pour détailler les perturbations subies. « Des événements privés pouvant accueillir jusqu'à 200 personnes, avec des DJ, et même des tirs de feu d'artifice jusqu'à 5 heures du matin », a-t-il rapporté avec insistance. Les riverains les plus proches de la salle décrivent des nuisances particulièrement pénibles pendant la nuit, avec des discussions bruyantes à l'extérieur et de la musique audible jusqu'aux petites heures.
« Des personnes sortent et discutent devant la salle, sans parler de la musique à 3 heures du matin : c'est tout cela qui pose problème », a souligné le riverain, ajoutant une distinction cruciale : « si la location est légale, c'est son utilisation qui est illégale ». Cette précision met en lumière le cœur du débat sur la gestion municipale des équipements publics.
La réponse municipale et l'étude acoustique en cours
Le maire Tony Loisel a reconnu la légitimité des préoccupations des habitants, en déclarant : « Le problème, c'est bien l'utilisateur et ce qu'il en fait, ainsi que ses effets ». Tout en maintenant que la location de la salle respecte la jauge autorisée de 200 personnes, il a annoncé le lancement d'une étude acoustique approfondie. Cette expertise technique vise à déterminer si des travaux d'isolation phonique sont nécessaires pour atténuer les nuisances sonores subies par le voisinage.
Le maire n'a pas caché que cette situation ne le surprenait pas totalement, évoquant un incident survenu deux ans plus tôt : « Il y a deux ans, pour un mariage, j'avais constaté une utilisation illicite avec notamment des rideaux non ignifugés sur les murs de la salle. Je les avais fait enlever. Ce n'était pas possible de laisser passer ça, vu le risque d'incendie ». Cet antécédent illustre les difficultés récurrentes de contrôle de l'utilisation des équipements municipaux.
La question cruciale du contrôle municipal
Le riverain intervenant a insisté sur la responsabilité de la municipalité dans le contrôle effectif de l'utilisation de la salle Jean-Vilar. « Si la Ville n'est pas en mesure de vérifier que Jean-Vilar est utilisée correctement, ça finira toujours par une utilisation illégale », a-t-il déploré avec inquiétude. Cette remarque pointe du doigt les limites des réglementations existantes lorsqu'elles ne sont pas accompagnées de moyens de surveillance adaptés.
La mairie se trouve ainsi face à un double défi : répondre aux légitimes exigences de tranquillité des riverains tout en maintenant la disponibilité d'équipements municipaux pour des événements privés. L'attente du rapport d'expertise acoustique apparaît comme une étape cruciale pour éclairer les décisions futures concernant la gestion de la salle Jean-Vilar et la prévention des conflits de voisinage.



