Une affaire de violences conjugales au tribunal correctionnel de Nîmes
Le parquet avait requis huit ans de prison ferme contre un quadragénaire de 43 ans, jugé pour des violences particulièrement graves sur son ex-compagne. Finalement, le tribunal correctionnel de Nîmes a prononcé une peine de sept ans de prison ferme, mais dans des circonstances insolites : le prévenu avait quitté le palais de justice avant même que les magistrats ne rendent leur verdict.
Une audience mouvementée et des tensions à la barre
L'audience, qui s'est tenue récemment, a été marquée par des tensions entre la défense et le ministère public. L'avocate de la défense, Me Hélène Mordacq, avait demandé un renvoi de l'affaire pour prendre plus amplement connaissance du dossier. La magistrate du parquet s'y est formellement opposée, estimant que l'avocate avait eu un accès correct à la procédure.
Le président du tribunal, M. Reynes, a précisé qu'une demande de renvoi formulée en amont d'un procès ne signifiait pas automatiquement le report de l'audience. Le vice-bâtonnier, Me Romain Léonard, intervenu sur cette difficulté, a estimé que les propos du ministère public étaient "déplacés", car ils avaient qualifié la demande de renvoi "d'inadmissible".
Le prévenu garde le silence et quitte la salle
Après le refus du renvoi, Me Mordacq a quitté la salle d'audience, et son client a gardé le silence pendant que le président rappelait les faits reprochés. Les violences, survenues en septembre 2024, étaient d'une extrême gravité : des coups très violents, dont certains portés avec la partie non coupante d'un couteau, et des traces de piques avec un tournevis.
Les constatations médicales ont mis en évidence de multiples traces de coups, une fracture de l'orbite et une opération chirurgicale nécessaire. La magistrate du parquet a souligné la gravité de ces violences conjugales pour justifier sa réquisition de huit ans ferme et a demandé l'interdiction de contact avec les protagonistes.
Une fuite avant le verdict et un mandat d'arrêt
Le prévenu, Yamine B., est sorti brièvement de son silence pour une observation avant que le tribunal ne parte délibérer. C'est alors qu'il a discrètement quitté le palais de justice. À leur retour de délibéré, les magistrats ont condamné l'homme à sept ans de prison ferme et ont décerné un mandat d'arrêt contre lui, en raison de sa fuite.
Cette affaire illustre les défis de la justice face aux violences conjugales et les tensions qui peuvent surgir lors des audiences. La rapidité du tribunal à statuer, malgré les demandes de renvoi, et la fuite du prévenu ajoutent une dimension dramatique à ce dossier déjà lourd.



