Nicolas Marcenac, l'athlète sétois de la mémoire, vise le podium national
Nicolas Marcenac, athlète de la mémoire, vise le podium français

Nicolas Marcenac, l'athlète sétois de la mémoire, vise le podium national

Il grave dans sa tête un jeu complet de 52 cartes en seulement une minute. Il mémorise 420 images distinctes en cinq minutes avant de les restituer avec une précision remarquable. Il apprend les noms et prénoms internationaux de passeports comme s'il enfilait des perles, même si cet exercice particulier lui donne parfois du fil à retordre. Nicolas Marcenac, Sétois de 38 ans, incarne l'incroyable potentiel des sports de mémoire et nourrit de solides ambitions pour l'Open de France qui se tiendra les 21 et 22 mars à Paris.

De Sète à la scène nationale des sports cérébraux

À Sète, sa ville de naissance et de cœur, le nom de Marcenac était jusqu'à présent plutôt associé à une famille historique qui a marqué l'Île singulière de son empreinte, avec un domaine, une forêt, un chemin et une croix portant son nom près de l'hôpital local. Aujourd'hui, Nicolas Marcenac écrit son propre chapitre en entrant dans le cercle très fermé des meilleurs spécialistes français de la mémoire.

L'an dernier, il s'était déjà distingué en se classant deuxième espoir français et dix-septième au classement général. Cette fois, avec un entraînement hebdomadaire avoisinant les quinze heures, il espère franchir un nouveau cap. "Gagner serait prétentieux", tempère-t-il avec humilité. "Il y a le double champion de France, Nicolas Pommiès, qui a beaucoup progressé par rapport à l'an passé, et je n'ai déjà pas son niveau de l'an passé. Il y a le troisième mondial. Il y a par ailleurs des Italiens assez incroyables. Bref, j'espère finir troisième ou quatrième Français."

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Un parcours atypique vers l'excellence mémorielle

Rien ne prédestinait pourtant le jeune Nicolas à devenir un as des sports de mémoire. Au collège Victor-Hugo de Sète, sa professeure principale l'avait même dégoûté des études pendant deux années difficiles. "J'ai passé ma scolarité à subir, à me forcer à apprendre", confie-t-il. Après des études de développement informatique et six années dans l'armée, il s'est orienté vers l'hypnothérapie.

"Comme je n'avais pas forcément confiance en mes capacités, j'ai commencé à regarder comment on apprenait à apprendre", explique-t-il. "Cette technique de mémorisation m'a fasciné. Et j'en ai fait mon métier et une passion de sportif à côté." Désormais orthopédagogue, Nicolas Marcenac transmet ces techniques tout en les perfectionnant pour la compétition.

L'Open de France : un décathlon cérébral exigeant

Véritable championnat de France organisé depuis 2020, l'Open de France de la mémoire réunira les soixante-dix meilleurs spécialistes français et internationaux dans l'amphithéâtre de l'hôpital Georges-Pompidou à Paris. Ces athlètes hors normes, capables de mémoriser des centaines de chiffres, de mots ou de jeux de cartes en un temps record, disputeront un décathlon particulièrement exigeant sur un jour et demi de compétition intensive.

Les participants s'affronteront au travers de dix épreuves distinctes de mémorisation :

  • Chiffres et suites numériques complexes
  • Dates historiques et événements
  • Images et séquences visuelles
  • Jeux de cartes complets
  • Mots et listes lexicales
  • Noms et prénoms internationaux
  • Visages et associations identitaires

Chaque épreuve, qui nécessite une concentration absolue et n'autorise aucune fraction de seconde d'inattention, rapporte de 0 à 1000 points. Le port d'un casque antibruit est obligatoire pour éliminer toute perturbation sonore. Le candidat ayant obtenu le plus grand total cumulé remporte finalement la compétition.

La mémoire : un talent qui se cultive méthodiquement

Nicolas Marcenac insiste sur un point essentiel : "J'ai toujours été très attentif aux détails. Donc on m'a toujours dit que j'avais une bonne mémoire. Mais ce n'est pas un prérequis. Cela se travaille, et toujours par association d'idées car notre cerveau est une machine à associer les informations."

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Derrière ces performances impressionnantes se cachent en effet des techniques de mémorisation sophistiquées que l'athlète sétois mettra à l'épreuve lors du décathlon parisien. Il devra jongler avec maestrie entre l'exigence de l'exactitude absolue et la nécessité d'aller au plus vite pour se hisser parmi l'élite mondiale des sports de mémoire.

Si elle n'a pas la mémoire courte, son ancienne professeure du collège Victor-Hugo appréciera certainement le parcours remarquable de cet élève qui a transformé ses difficultés scolaires en une passion d'excellence. Nicolas Marcenac prouve ainsi que la mémoire, comme le disait Paul Valéry, n'est pas seulement l'avenir du passé, mais aussi un formidable outil pour construire un présent d'exception.