Opération « prison morte » à la maison d'arrêt de Nice
Ce jeudi 2 avril, une soixantaine de surveillants ont bloqué la maison d'arrêt de Nice, déclarant une opération « prison morte » en signe de protestation. Cette action fait suite à l'agression violente d'un de leurs collègues par un détenu, survenue la veille. Les agents pénitentiaires, soutenus par des syndicats comme l'Ufap-Unsa Justice, FO et la CFTC, dénoncent une situation explosive au sein de l'établissement.
Une agression qui met en lumière des dysfonctionnements graves
L'agent agressé, père de quatre jeunes enfants, a été violemment frappé par un détenu incarcéré pour des violences conjugales et sur des personnes dépositaires de l'autorité publique. Projeté au sol, il a subi une pluie de coups de pied et de poing, entraînant de multiples contusions et un traumatisme psychologique profond. Nordine Souab, représentant syndical, s'insurge : « La violence est sans limite ! » et interroge : « Qui protège les agents ? » D'autant plus que le système d'alarme n'a pas fonctionné lors de l'incident, un dysfonctionnement de plus selon les surveillants.
Surpeuplement et sous-effectifs chroniques
Les agents décrivent une prison surpeuplée, avec 635 détenus pour seulement 320 places, soit un taux d'occupation de 220 %, faisant de cet établissement le plus surpeuplé de la région Paca. Ils soulignent un sous-effectif chronique : il manque 30 % de surveillants et un tiers d'officiers. Un officier explique : « On n'a pas de directeur technique, il est parti à la retraite sans être remplacé, et on a seulement deux directrices au lieu de trois. » L'absentéisme atteint 40 % en raison des maladies et accidents du travail, conduisant à des situations où un seul surveillant doit gérer jusqu'à 150 détenus, voire l'ensemble du bâtiment.
Des conditions de détention déplorables et une violence croissante
Les surveillants alertent sur une population carcérale de plus en plus dure, avec notamment des détenus étrangers arrivés via l'Italie, souvent violents et sous l'emprise de drogues. Au-delà de la violence, les conditions matérielles sont catastrophiques : des rats dans les coursives, des cellules infestées de punaises de lit, et un filet anti-projections cassé depuis des mois. Les agents énumèrent : « La cuisine a brûlé, l'eau s'infiltre partout lorsqu'il pleut, le quartier des femmes est plongé dans le noir à cause des infiltrations, et des problèmes de chauffage ont laissé les détenues dans le froid pendant deux semaines. » Tout est vétuste, et la maison d'arrêt, comme ses agents, craque de toutes parts.
Cette mobilisation vise à alerter les autorités sur l'urgence de réformer cet établissement, où la sécurité des personnels et des détenus est gravement compromise. Les surveillants exigent des mesures concrètes pour améliorer les conditions de travail et rénover les infrastructures, afin de prévenir de nouvelles violences et dysfonctionnements.



