Monaco : le président du Conseil national prêt à être intransigeant face à une opposition paralysante
Monaco : intransigeance face à une opposition paralysante

Monaco : le président du Conseil national prêt à être intransigeant face à une opposition paralysante

À l'approche de l'ouverture de la session de printemps au Conseil national de Monaco, le président Thomas Brezzo exprime son espoir que la création d'un mouvement minoritaire élèvera le débat au cœur de l'hémicycle. Dans une interview exclusive accordée à Monaco-Matin, il revient sur les récents bouleversements politiques et partage sa vision pour l'avenir de l'institution.

Un départ surprenant et des méthodes contestées

Le mois de février a été marqué par le départ de deux élus de la majorité, Régis Bergonzi et Roland Mouflard, qui ont fondé le mouvement « En avant Monaco » avec Brigitte Boccone-Pagès, elle-même écartée de la présidence du Conseil national en 2024. Thomas Brezzo avoue avoir été surpris, non par la décision en elle-même, mais par la méthode employée.

« Ce qui m'a le plus surpris, c'est la méthode. Nous avions des discussions entre nous et il n'y avait aucun problème. J'ai toujours de très bons rapports avec Roland Mouflard, mais c'était très surprenant. Quinze jours avant, il était dans mon bureau et tout allait bien », confie-t-il.

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Concernant Régis Bergonzi, le président du Conseil national est plus critique : « Dès le début, il n'a jamais voulu se plier aux règles du groupe. Il a mené sa commission en dehors de toutes règles et bonnes pratiques en termes de concertation et de cohésion. Quand on parle, fait une action, écrit un courrier, on le fait au nom du Conseil national. Pas au nom de M. ou Mme untel. Il n'a jamais admis et compris cela ».

Des divergences de valeurs ou des questions d'ego ?

Les élus dissidents ont évoqué une divergence de valeurs pour justifier leur départ, mais Thomas Brezzo y voit plutôt des prétextes. « Ces excuses étaient plus des prétextes pour justifier une action qui n'était pas cohérente avec le discours qu'ils ont tenu à l'intérieur. Quand on dit qu'on ne partage pas les mêmes valeurs et qu'on rejoint Brigitte Boccone-Pagès, il ne faut pas oublier que c'est sous sa présidence qu'avaient été lancées les premières études sur la légalisation de l'IVG », rappelle-t-il.

Il suggère que des motivations personnelles pourraient être en jeu : « Je pense que c'est plus une question d'ego, de volonté d'exister personnellement dans un groupe. Ce qui n'est pas facile. On avait d'ailleurs demandé à tout le monde, mais surtout à Régis, d'expliquer sa position sur des votes, non pas dissidents mais divergents, qui étaient incompréhensibles car non conformes à ses explications en commissions. Il nous a répondu qu'il n'y avait pas de soucis. On arrive en février, et il se déclare en minorité… ».

Une clarification bénéfique, mais une intransigeance face à la paralysie

Malgré ces tensions, Thomas Brezzo reconnaît que la clarification de la situation pourrait avoir des aspects positifs. « Sur le fond oui, clarifier les choses pourrait être beaucoup plus constructif pour le travail des élus. Mais ils auraient pu venir me voir et me dire qu'ils voulaient partir, cela ne m'aurait posé aucun problème. Au contraire, cela élève le débat démocratique et renforce la contradiction ».

Cependant, il met en garde contre toute tentative de bloquer l'action du Conseil national. « En revanche, si c'est, comme le laissent penser les premiers courriers qu'ils nous ont adressés, pour paralyser l'action du Conseil national, là, je serais intransigeant », affirme-t-il avec fermeté.

Cette déclaration souligne sa détermination à préserver le fonctionnement de l'institution, tout en ouvrant la porte à un débat politique plus vif et transparent à Monaco.

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