Nice : des riverains désemparés face aux dealers qui squattent leur hall d'immeuble
Nice : des dealers squattent un hall d'immeuble, riverains démunis

Nice : des riverains désemparés face aux dealers qui squattent leur hall d'immeuble

Cela fait plusieurs mois que les habitants de la rue Trachel, dans le centre-ville de Nice, vivent un véritable cauchemar. Des dealers ont investi les parties communes de leur immeuble, et ce, malgré la proximité d'un poste de police. Cette situation, qualifiée de « première en 25 ans » par le syndic, laisse les riverains démunis et en proie à un sentiment d'insécurité grandissant.

Une cohabitation forcée et tendue

Mark, résident depuis cinq ans dans cet immeuble bourgeois, témoigne : « Ils commercent sans même se cacher. Alors que la copropriété a installé des caméras et que nous vivons à côté d'un poste de police municipale. » Depuis trois mois, il doit composer avec cette présence indésirable. Les appels répétés aux forces de l'ordre restent sans effet, selon lui. La tension monte, avec des insultes et des regards menaçants. Léa, sa voisine, partage son désarroi : « Je me sens en insécurité. Pour un prix au mètre carré et une taxe foncière que l'on connaît tous. »

Les images partagées par les habitants sont éloquentes : vomi dans les couloirs, bombonnes de protoxyde d'azote abandonnées, caméras taguées, et une ambiance qualifiée d'« invivable ». Pour éviter les confrontations, Mark doit faire ses courses le matin, avant l'arrivée des dealers. Léa ajoute : « On ne peut recevoir personne parce qu'on a peur et honte. » Tous deux se sentent abandonnés, d'autant que le quartier est inclus dans un programme national de rénovation, ce qui, ironiquement, n'a pas amélioré leur quotidien.

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Une réponse policière jugée insuffisante

La municipalité, sollicitée début mars, a précisé que le poste de police voisin, ouvert uniquement en journée, se limite à des missions administratives. Elle a également indiqué que des patrouilles sont effectuées quotidiennement et qu'un courrier a été envoyé au préfet des Alpes-Maritimes pour demander une intervention de l'État. Depuis le 1er janvier, la police municipale a interpellé 45 personnes, dont 16 pour infractions liées aux stupéfiants, et dressé 87 verbalisations pour non-respect de l'arrêté anti-regroupement.

Ces chiffres ne rassurent pas les riverains, qui réclament une présence policière permanente et des actions plus fermes. Mark déplore : « La police municipale renvoie vers la nationale et inversement. Ça suffit. » Léa raconte une tentative infructueuse de se réfugier dans le poste de police : « Quand j'ai voulu m'abriter, me sentant menacée, on ne m'a même pas ouvert. »

Des dépenses importantes pour renforcer la sécurité

Face à cette situation, le syndic de l'immeuble a dû investir plusieurs dizaines de milliers d'euros pour améliorer la sécurité. Parmi les mesures prises : l'installation d'un système de vidéosurveillance, le renforcement de la porte d'entrée avec des ventouses électromagnétiques, la création d'un sas sécurisé par un architecte, et la pose d'une grille intérieure. Le syndic souligne que ces individus sont « déterminés et peu dissuadés par les dispositifs classiques », une situation inédite selon lui après 25 ans d'expérience.

Les autorités reconnaissent le problème mais limitent leur action

La préfecture des Alpes-Maritimes confirme que la rue Trachel est « un secteur connu » pour des soupçons de trafic, avec une dizaine d'interpellations par mois depuis fin 2025. Des amendes, perquisitions, et neuf interdictions administratives de paraître ont été décernées. Cependant, la responsabilité des halls d'immeuble incombe aux copropriétés, et non à l'État. Aurélie Lebourgeois, directrice de cabinet du préfet, encourage les riverains à déposer des plaintes formelles, car aucune n'a été enregistrée à ce jour.

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Des associations plaident pour une approche différente

Caroline Roose, ancienne eurodéputée écologiste et responsable de l'antenne niçoise de l'association Conscience, insiste sur la nécessité de cibler les « grosses têtes » du trafic plutôt que les petits vendeurs. Elle milite pour le retour de la police de proximité, une présence accrue de la police municipale, et une sensibilisation des jeunes aux dangers du narcotrafic. « Il faut qu'ils sachent que ce n'est pas de l'argent facile. C'est un trafic organisé, géré depuis l'étranger, qui peut avoir des conséquences dramatiques », explique-t-elle.

En attendant, les habitants de la rue Trachel continuent de vivre dans l'angoisse, espérant une solution durable pour retrouver la tranquillité dans leur quartier.