À Nasbinals, en Lozère, les habitants du lotissement situé au 7 chemin Montgros seront privés d'électricité d'ici le 30 août 2026. Le contrat de fourniture a été résilié en juin 2026, et le propriétaire, Marc Depardieu, ne répond plus aux sollicitations. Les locataires, dont un couple qui a fui un précédent propriétaire véreux, dénoncent des conditions de vie indignes et demandent de l'aide au maire de la commune.
Un logement qualifié de « taudis insalubre »
Le couple a emménagé il y a quatre mois dans ce lotissement du hameau de Montgros. Très vite, ils découvrent l'ampleur des désordres. « L'hiver, on passe six palettes de granulés pour se tenir au chaud tellement c'est mal isolé. Certains chalets du lotissement ne disposent plus de fenêtres fonctionnelles et d'autres ont l'eau usée qui remonte par la douche », témoigne une habitante. Le logement est comparé à un « taudis insalubre » par ceux qui y vivent.
La situation est aggravée par l'état structurel des bâtiments. Les poutres de la mezzanine reposent sur des vis, et la façade s'effrite à l'extérieur. Le plafond ne tient plus. Ces éléments témoignent d'un niveau de dégradation avancé, loin des normes de sécurité et de salubrité.
Une coupure d'électricité imminente et des recours limités
La nouvelle est tombée il y a quelques jours : Enedis a informé les locataires que l'électricité serait coupée le 30 août 2026, le contrat ayant été résilié en juin. « Depuis, le propriétaire Marc Depardieu ne répond plus », déplore l'habitante. Pourtant, un voisin a été notifié le 17 juillet que les Aides personnelles au logement (APL) avaient été versées au propriétaire.
La dizaine d'habitants du lotissement, dont une personne en situation de handicap à 80 % et des enfants en bas âge, seront plongés dans le noir sans solution immédiate. « Nous dépendons d'un compteur collectif qui ne peut pas être repris par des particuliers, il faudrait qu'on crée une entreprise pour pouvoir le prendre à notre nom. On avait demandé à avoir des compteurs individuels ce qu'il a refusé, pourtant la situation actuelle est illégale », explique l'habitante. Les locataires voient dans cette démarche une tentative de les expulser, mais ils comptent bien résister.
Le maire sollicité, une réponse prudente
En attendant une solution durable, les habitants ont demandé au maire, Bernard Bastide, de reprendre le compteur au nom de la commune ou de son entreprise personnelle. Le maire a indiqué qu'il ne souhaitait pas le faire « avant d'en parler en conseil municipal ». Une réponse qui laisse les locataires perplexes : « le maire a préféré mettre à l'abri ses saisonniers qui logeaient dans le lotissement plutôt que de les laisser dedans et prendre le contrat à son nom, c'est assez louche », pointe l'habitante.
Par ailleurs, une fausse déclaration d'emploi a été découverte. Le mari a été déclaré par M. Depardieu comme salarié de sa SAS « La Grange aux oies », qui gère le lotissement. « On s'était arrangé pour avoir une réduction de loyer étant donné qu'on était obligé de faire les travaux nous-mêmes, mais mon mari n'a jamais touché d'argent », déplore l'habitante. Cette déclaration a entraîné la perte d'allocations et d'une partie de la pension d'invalidité de son mari.
Des procédures judiciaires en cours
Les habitants ont décidé de porter plainte, mais la lenteur des procédures judiciaires ne leur permettra pas d'obtenir gain de cause avant la date fatidique. Depuis le mois de mai, ils ont cessé de verser les loyers en raison de l'insalubrité. Ayant pris contact avec l'agence départementale d'information sur le logement (Adil), cette dernière leur a conseillé de ne pas rendre les logements avant la fin des procédures. « Donc on devra prendre un logement d'urgence en plus du nôtre. Normalement les loyers seront remboursés par M. Depardieu », soupire l'habitante.
La situation reste donc bloquée : les locataires devront trouver une solution temporaire en attendant que la justice tranche, tandis que le propriétaire reste injoignable.



