Narco livraison à Nice : neuf interpellations et 11 kg de cannabis saisis
Narco livraison : neuf interpellations à Nice

Deux opérations de police distinctes menées cette semaine à Nice ont abouti à l'interpellation de neuf personnes et à la saisie de plus de onze kilogrammes de cannabis, mettant en lumière le développement du phénomène de la narco livraison à domicile, également connu sous le nom d'« UberShit ».

Un trafic en pleine mutation

Depuis plusieurs années, les forces de l'ordre et la justice intensifient la lutte contre le trafic de stupéfiants. Cette pression policière a conduit à une dispersion du marché, les dealers se tournant vers des modes opératoires plus discrets, à l'abri des regards, notamment dans des appartements. À l'instar de la prostitution, qui a quitté les trottoirs niçois pour se cacher, le trafic de rue se transforme rapidement. La narco livraison, ou « UberShit », prend ainsi une place prépondérante.

Un réseau structuré et des clients exigeants

Les dealers opèrent depuis des appartements niçois, utilisant les réseaux sociaux et les messageries cryptées comme WhatsApp, Telegram, Signal ou Snapchat pour vendre leurs produits. Ce trafic est hautement structuré, avec des secrétaires, des approvisionneurs et des livreurs. Cette offre répond à une demande croissante de clients qui hésitent à se rendre dans des quartiers dangereux, marqués par des règlements de compte violents et des contrôles de police fréquents. Les guetteurs et les dealers eux-mêmes préfèrent éviter les risques pour quelques centaines d'euros par jour.

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Deux affaires distinctes cette semaine

Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, confirme l'accélération de ce phénomène depuis le confinement. Deux affaires récentes illustrent cette tendance.

Première opération : sept interpellations

Le mardi 2 juin, une opération du Service local de police judiciaire (SLPJ) de Nice a conduit à l'arrestation de sept personnes. Les enquêteurs ont saisi 7 750 euros en espèces, 6,5 kilogrammes de résine de cannabis, 130 grammes d'herbe de cannabis et 435 grammes de cocaïne. Les mis en cause étaient jusqu'alors inconnus des services judiciaires pour des faits de trafic de stupéfiants. Après leur garde à vue, trois personnes ont été déférées et jugées dans le cadre d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC).

  • La première personne a été condamnée à 30 mois d'emprisonnement, dont 18 mois avec sursis probatoire, les 12 mois fermes sous bracelet électronique, ainsi qu'une amende de 3 000 euros.
  • Les deux autres ont écopé de 14 mois d'emprisonnement, dont 8 mois avec sursis simple, les 6 mois fermes sous bracelet électronique, et une amende de 1 500 euros chacune. Une interdiction de séjour dans les Alpes-Maritimes pendant trois ans a également été prononcée.

Les téléphones portables et les sommes d'argent saisis ont été confisqués.

Seconde opération : deux interpellations

Le même jour, une autre opération du SLPJ de Nice a abouti à l'arrestation de deux personnes, également inconnues des services judiciaires pour trafic de stupéfiants. Les enquêteurs ont saisi 3 350 euros en espèces, 5 kilogrammes de résine de cannabis et une arme de catégorie B. Les deux suspects ont été jugés en CRPC :

  • Le premier a été condamné à 24 mois d'emprisonnement, dont 12 mois avec sursis probatoire, les 12 mois fermes sous bracelet électronique, et une amende de 3 000 euros.
  • Le second a reçu une peine de 24 mois d'emprisonnement intégralement assortie d'un sursis simple.

Comme dans la première affaire, les téléphones portables et l'argent saisis ont été confisqués.

Ces affaires illustrent la mutation du trafic de stupéfiants à Nice, où la narco livraison tend à supplanter le trafic de rue traditionnel, avec des réseaux plus discrets mais tout aussi organisés.

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