Narco-gang de Saint-Tropez : jusqu'à 7 ans de prison
Narco-gang de Saint-Tropez : jusqu'à 7 ans de prison

Le tribunal correctionnel de Draguignan a condamné, le 11 août dernier, quatre principaux protagonistes d'un narco-gang opérant dans le golfe de Saint-Tropez à des peines allant de 5 à 7 ans d'emprisonnement. Ces peines, prononcées à l'issue d'un procès de deux jours, concernent dix personnes poursuivies pour un vaste trafic de cocaïne et de cannabis, selon le procureur de la République de Draguignan, Pierre Couttenier.

Une guerre de territoire depuis 2024

L'affaire remonte au début de l'année 2024. Des individus originaires de Marseille et de la région parisienne, soupçonnés d'appartenir à des réseaux de trafic de stupéfiants, se livraient une lutte violente pour prendre le contrôle de la revente de drogue sur le golfe de Saint-Tropez. Ces trafiquants armés imposaient leur loi à des revendeurs locaux par l'intimidation, la violence, mais aussi par des enlèvements et séquestrations.

La cocaïne et le cannabis étaient écoulés selon un système de livraison à domicile surnommé « Ubershit », organisé via les réseaux sociaux. Face à la gravité des faits et à la dangerosité du réseau, le parquet de Draguignan avait ouvert une information judiciaire. Les investigations, confiées à la Gendarmerie du Var et menées par un groupe d'enquête placé sous l'autorité de la brigade de recherches de Gassin-Saint-Tropez, ont débouché sur une opération judiciaire d'envergure le 24 février 2025.

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Une opération d'ampleur en février 2025

Cent gendarmes avaient été mobilisés, dont l'antenne GIGN d'Orange, les pelotons d'intervention et de surveillance du département, des équipes cynophiles et des enquêteurs chargés des gardes à vue. Douze personnes ont été interpellées. Les perquisitions ont permis la saisie de plus de 3 kg de cocaïne, 7 kg de cannabis, 56 000 euros en numéraire, des armes de poing et des munitions — dont un pistolet-mitrailleur — ainsi que deux véhicules.

Tous les suspects ont été mis en examen pour trafic de stupéfiants, certains également pour infractions à la législation sur les armes, dont la détention de matériel de guerre, ou pour violences en réunion et enlèvement-séquestration. L'ensemble des mis en examen avait été placé en détention provisoire.

Des peines allant jusqu'à 7 ans de prison

À la clôture de l'instruction, dix personnes — dont cinq encore détenues — ont été renvoyées devant le tribunal correctionnel de Draguignan. Au terme du procès, les quatre principaux protagonistes ont été condamnés respectivement à 7 ans, deux fois 6 ans, et 5 ans d'emprisonnement. Tous ont été maintenus en détention ou ont fait l'objet d'un mandat de dépôt à l'audience. Le tribunal a également prononcé à leur encontre une interdiction de séjour dans le golfe de Saint-Tropez pendant cinq ans, assortie d'amendes comprises entre 10 000 et 20 000 euros.

Les six autres prévenus ont écopé de peines allant de 4 ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis, avec maintien en détention à l'audience, à deux ans dont 18 mois avec sursis pour le moins impliqué d'entre eux. Deux condamnés ont fait appel du jugement. L'ensemble des parties disposait d'un délai de dix jours pour exercer cette voie de recours, expose le représentant du ministère public dans sa communication.

Lutter contre le narcotrafic, une priorité

« Cette affaire est une nouvelle illustration concrète de la mobilisation de l'institution judiciaire », a souligné le procureur de la République Pierre Couttenier, rappelant que la lutte contre le narcotrafic constitue une priorité de politique pénale. Cette condamnation marque une étape importante dans la lutte contre les réseaux de drogue qui tentent de s'implanter dans la région, mais le combat continue.

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