Mort d’un détenu à Fresnes : sa famille dénonce l’opacité
Mort d’un détenu à Fresnes : l’opacité judiciaire

Le 12 mars 2025, un détenu de 34 ans est décédé à la maison d’arrêt de Fresnes, dans des circonstances encore floues. Sa famille, qui avait reçu de lui des lettres « pleines d’espoir » quelques jours avant le drame, dénonce l’opacité de l’administration judiciaire et réclame la vérité.

Des lettres pleines d’espoir

« Il m’écrivait qu’il allait bien, qu’il préparait sa sortie », raconte sa sœur, contactée par Libération. Le détenu, incarcéré depuis 2023 pour des faits de violence, devait être libéré dans six mois. Ses proches décrivent un homme « en pleine reconstruction », qui suivait des formations et voyait la fin de sa peine approcher. « Ses lettres étaient remplies de projets, d’espoir. Jamais nous n’aurions imaginé une telle issue », ajoute-t-elle.

Les circonstances du décès

Selon les premières informations, le détenu aurait été retrouvé inanimé dans sa cellule en fin de matinée. Malgré l’intervention des secours, il n’a pu être ranimé. L’administration pénitentiaire a évoqué une « cause naturelle » présumée, mais la famille refuse cette version. « On nous dit qu’il a fait un arrêt cardiaque, mais il était jeune et en bonne santé. Comment est-ce possible ? », s’interroge sa mère. Une autopsie a été ordonnée, mais les résultats ne sont pas encore connus.

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Un silence administratif

Depuis le drame, la famille dit se heurter à un « mur de silence ». « L’administration nous donne des informations au compte-gouttes. On ne sait même pas s’il a été victime de violences ou d’un manque de soins », déplore leur avocate, Me Sarah Dupont. Selon elle, plusieurs détenus auraient signalé des dysfonctionnements à Fresnes, mais aucune enquête interne n’a été ouverte. « Il y a une opacité totale, qui empêche les familles de faire leur deuil », ajoute-t-elle.

Un précédent inquiétant

Ce n’est pas la première fois que la prison de Fresnes est pointée du doigt. En 2023, une enquête du Défenseur des droits avait déjà relevé des « carences » dans la prise en charge médicale des détenus. « On a l’impression que rien ne change », soupire le père du défunt. La famille a déposé une plainte pour « homicide involontaire » et « non-assistance à personne en danger », et réclame la communication de toutes les images de vidéosurveillance.

La réaction de l’administration

Contactée, la direction de l’administration pénitentiaire indique qu’une « enquête administrative est en cours » et que « toutes les lumières seront faites sur les circonstances du décès ». Elle précise que le détenu avait été « suivi régulièrement » par le service médical et qu’aucun incident n’avait été signalé. « Nous comprenons l’émotion de la famille et nous nous tenons à leur disposition », ajoute un porte-parole.

Un appel à la transparence

Pour la famille, il ne s’agit pas seulement de savoir ce qui est arrivé à leur proche, mais aussi de « faire en sorte que cela n’arrive plus à d’autres ». « Si l’administration avait été plus transparente, on aurait peut-être pu éviter ce drame », estime la sœur. Une association de défense des droits des détenus s’est jointe à leur démarche, réclamant une « réforme en profondeur » du système carcéral. « Les familles ont le droit de savoir ce qui se passe derrière les murs », conclut Me Dupont.

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