Angoulême : le parquet réclame une amende alourdie après la mort d'un adolescent dans une friche
Mort d'un ado à Angoulême : le parquet veut une amende plus lourde

Angoulême : le parquet réclame une amende alourdie après la mort tragique d'un adolescent dans une friche industrielle

En juin 2015, un adolescent de 13 ans, prénommé Logan, a trouvé la mort après avoir chuté du toit d'une friche industrielle située au cœur d'Angoulême, dans le quartier Sillac. Le propriétaire et le promoteur du site, accusés de n'avoir pas sécurisé les lieux, avaient été condonnés en première instance à 30 000 euros d'amende pour homicide involontaire. Ils font aujourd'hui appel et demandent la relaxe, mais le parquet général a requis ce jeudi devant la cour d'appel de Bordeaux une augmentation significative de cette amende.

Les faits : un drame évitable dans un lieu délaissé

Le 20 juin 2015, Logan se rendait à la piscine à vélo avec des amis lorsqu'ils se sont arrêtés devant les Chais Montaigne, une vaste friche industrielle en déshérence devenue un terrain de jeu pour les jeunes graffeurs et skateurs de la ville. L'adolescent a pénétré dans le site, qui n'était pas fermé, et a grimpé sur un toit en fibrociment. La structure a cédé, provoquant une chute mortelle de 10 mètres.

Les constatations policières après le drame ont révélé un état alarmant : sol jonché de détritus, trou dans des parpaings permettant l'accès à une toiture dégradée, bouches d'égout ouvertes et portails entrouverts. Le site était même utilisé comme lieu d'entraînement pour les pompiers, simulant des opérations de sauvetage dans les décombres, soulignant ainsi son insécurité.

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Le procès en appel : des responsabilités pointées du doigt

L'avocate générale a requis une peine de 50 000 euros d'amende, contre 30 000 euros en première instance, à l'encontre d'un buraliste espagnol, propriétaire du site depuis 2006, et d'un promoteur français résidant en Irlande. Tous deux sont poursuivis pour homicide involontaire, avec des accusations de négligence grave.

Lors de l'audience, la présidente Cécile Ramonatxo a interrogé le promoteur sur son inaction, malgré un permis de démolir. Il a répondu : « J'ai pensé qu'il était plus intéressant financièrement de ne pas démolir. Je ne pensais pas qu'il y avait un danger. » Cependant, la présidente a rappelé qu'une mise en demeure avait été adressée par la mairie six mois avant l'accident, alertant sur les dangers du bâtiment.

Les arguments de la défense et des parties civiles

Le promoteur a minimisé la valeur de cette mise en demeure, affirmant avoir tenté de sécuriser le site avec un cadenas et en engageant un gardien, sans pouvoir fournir de factures justificatives. Me Richardoz, avocat des deux prévenus, a défendu leurs actions, estimant que « toutes les diligences normales avaient été accomplies » et qualifiant le site d'« impossible à fermer ».

En revanche, la mère de Logan, constituée partie civile, a exprimé sa douleur et sa lutte de onze ans pour faire fermer ce site dangereux. Son avocat, Me Lionel Béthune de Moro, a cité un arrêt récent du Conseil d'État de 2024 confirmant que cette friche industrielle représente un danger pour la population. L'avocate générale a déploré l'attitude des propriétaires, les accusant de négligence et d'avoir privilégié des espoirs de profit futurs au détriment de la sécurité immédiate.

Conclusion et prochaines étapes

Le délibéré est fixé au 27 mai, laissant la cour d'appel de Bordeaux trancher sur la responsabilité des prévenus et le montant de l'amende. Ce cas soulève des questions plus larges sur la gestion des friches industrielles et l'impératif de sécurité dans les espaces urbains délaissés, mettant en lumière les conséquences tragiques de l'inaction face à des risques connus.

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