Mort d'un baron de la drogue : le Mexique en proie à des violences généralisées
Le Mexique traverse une crise sécuritaire majeure suite à l'élimination de l'un des narcotrafiquants les plus recherchés au monde. Nemesio Oseguera, connu sous le pseudonyme d'El Mencho, chef du puissant cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), a été tué lors d'une opération militaire menée dimanche 22 février 2026 à Tapalpa, dans l'État de Jalisco.
Une opération conjointe aux conséquences immédiates
L'assaut, soutenu par les renseignements américains, a coûté la vie à sept criminels et blessé trois soldats. La porte-parole de la présidence américaine, Karoline Leavitt, a confirmé l'implication des États-Unis dans cette opération qui visait spécifiquement le chef du CJNG. En représailles, le cartel a déclenché une vague de violences sans précédent dans vingt des trente-deux États mexicains.
Les manifestations de violence ont pris diverses formes :
- Barrages routiers avec véhicules incendiés à Guadalajara et dans d'autres villes
- Attaques contre des commerces et des infrastructures
- Paralysie partielle du système judiciaire et éducatif
Mesures d'urgence et réactions internationales
Face à cette situation explosive, les autorités mexicaines ont pris des mesures exceptionnelles. Huit États ont suspendu les cours en présentiel tandis que le pouvoir judiciaire a autorisé la fermeture des tribunaux. La présidente Claudia Sheinbaum a multiplié les appels au calme sur les réseaux sociaux, tentant d'apaiser une population en état de choc.
Les conséquences se font également sentir au niveau international :
- Les États-Unis ont émis des alertes de sécurité pour leurs ressortissants, particulièrement dans les zones touristiques comme Cancún et Oaxaca
- Des compagnies aériennes nord-américaines ont annulé des dizaines de vols vers le Mexique
- Le Guatemala a renforcé la surveillance de sa frontière avec son voisin mexicain
El Mencho : la fin d'un parrain mythique
Âgé de 59 ans, Nemesio Oseguera était considéré comme le dernier des grands parrains mexicains après l'arrestation des fondateurs du cartel de Sinaloa. Ancien agent de police, il dirigeait le CJNG depuis sa création en 2009, bâtissant un empire criminel qui rivalisait avec celui d'El Chapo. Les États-Unis avaient placé une prime de 15 millions de dollars sur sa tête.
Le CJNG, classé comme organisation terroriste par Washington en 2025, est accusé de trafic de cocaïne, d'héroïne, de méthamphétamine et de fentanyl. Cette organisation transnationale pratique également l'extorsion, le trafic de migrants et le commerce d'armes, étendant son influence bien au-delà des frontières mexicaines.
Un contexte de violence endémique
Cet épisode s'inscrit dans une longue histoire de violences liées aux cartels de la drogue au Mexique. Depuis 2006, les conflits entre organisations criminelles et avec les forces de l'ordre ont fait plus de 450 000 morts et 100 000 disparus selon les chiffres officiels. La mort d'El Mencho représente un tournant dans cette guerre sans fin contre le narcotrafic.
Christopher Landau, sous-secrétaire d'État américain, a qualifié cette élimination de "grande victoire pour le Mexique, les États-Unis, l'Amérique latine et le monde entier". Pourtant, les violences qui ont immédiatement suivi démontrent la fragilité de cette victoire et la capacité de résilience des organisations criminelles.
La situation reste extrêmement tendue alors que le Mexique s'apprête à accueillir plusieurs matchs de la Coupe du monde de football 2026. Les autorités tentent de rétablir l'ordre tout en évitant une escalade des violences qui pourrait déstabiliser davantage le pays.



