Neuf interpellations dans l'enquête sur la mort du militant identitaire Quentin Deranque
Quatre jours après la mort tragique de Quentin Deranque, un jeune militant identitaire et royaliste de 23 ans, neuf personnes ont été interpellées ce mardi 17 février 2026 dans le cadre de l'enquête. Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a confirmé ces arrestations qui font suite à une bagarre mortelle en marge d'une conférence de l'eurodéputée insoumise Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
Le profil des suspects et les circonstances des interpellations
Les neuf individus interpellés, composés de sept hommes et deux femmes tous âgés d'une vingtaine d'années, ont été identifiés grâce au travail minutieux des enquêteurs. Ces derniers ont auditionné des témoins, exploité des vidéos et analysé des données de téléphonie depuis jeudi. Six d'entre eux sont soupçonnés d'avoir directement participé aux violences, tandis que trois autres sont accusés d'avoir apporté un soutien logistique ou moral.
Les interpellations ont eu lieu à différents endroits, notamment dans le département de la Haute-Loire et à Seyssel dans le nord de l'Isère. Une source proche du dossier a précisé à l'Agence France Presse que « ce n'est pas fini », laissant entendre que d'autres arrestations pourraient suivre dans les prochains jours alors que l'enquête se poursuit activement.
L'implication d'un assistant parlementaire LFI
Parmi les personnes interpellées figure Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député La France insoumise Raphaël Arnault. Cette information, confirmée par une source proche du dossier et rapportée initialement par BFM, a provoqué des réactions immédiates dans le monde politique. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a annoncé la suspension de ses « droits d'accès » au palais Bourbon, soulignant qu'il avait été « cité par plusieurs témoins ».
Raphaël Arnault a rapidement réagi en engageant une procédure pour mettre fin au contrat de son collaborateur, déclarant sur le réseau social X : « À l'enquête désormais de déterminer les responsabilités ». L'avocat de Jacques-Elie Favrot, Maître Bertrand Sayn, a précisé que son client s'était retiré de ses fonctions parlementaires « le temps de l'enquête ».
Tensions politiques et réactions en chaîne
La mort de Quentin Deranque a déclenché une vague de tensions politiques à l'Assemblée nationale. Lors d'une séance de questions au gouvernement particulièrement tendue, le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé La France insoumise à « faire le ménage » dans ses rangs, ses propos et ses idées. Face à la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot, qui dénonçait l'instrumentalisation du drame pour salir LFI, Lecornu a qualifié sa défense d'« abjecte ».
Jean-Luc Mélenchon, fondateur du mouvement, a répliqué en affirmant que LFI « n'accepte pas les leçons » du Premier ministre. Tout en condamnant fermement les violences, il a insisté sur le fait que « tous les coups ne sont pas permis », quelle que soit la nature défensive ou offensive des actes. Il a également exprimé sa compassion pour la famille de Quentin Deranque, déclarant : « Quelles que soient les opinions de ses parents, rien ne justifie qu'on leur ramène leur enfant mort ».
De nouvelles vidéos révèlent la violence des affrontements
Plusieurs médias, dont Le Canard Enchaîné, ont publié de nouvelles vidéos des violences survenues le 12 février. Ces images montrent une trentaine de personnes masquées s'affrontant dans une violente rixe entre militants d'extrême gauche et d'extrême droite dans le 7ᵉ arrondissement de Lyon. Un témoin décrit la scène comme « un ring de boxe géant », avec des échanges de coups de pied et de poing qui ont duré plusieurs minutes.
Le journaliste du quotidien local Le Progrès, présent sur les lieux, a corroboré ces faits dans une vidéo où il raconte avoir vu « deux groupes qui se battaient », tous cagoulés et sans armes apparentes. Les événements ont débuté lorsque sept militantes du collectif identitaire Némésis ont déployé une banderole pour protester contre la venue de Rima Hassan, déclenchant une série d'altercations.
Le déroulement tragique des événements
Selon le récit du procureur Thierry Dran, après l'empoignade initiale, une bataille rangée a éclaté dans les rues adjacentes entre des membres de l'ultragauche et de l'ultradroite. Le groupe de Quentin Deranque a tenté de fuir, mais le jeune homme s'est retrouvé isolé avec deux autres personnes. Jetés au sol et frappés, ses compagnons ont réussi à s'échapper, mais Quentin Deranque est resté à terre, subissant de violents coups de poing et de pied d'au moins six agresseurs.
Bien que conscient mais confus après le départ de ses agresseurs, son état s'est rapidement dégradé alors qu'un ami tentait de le ramener chez lui. Après avoir parcouru un kilomètre et demi, les secours ont été appelés et l'ont transporté à l'hôpital dans le coma. Souffrant d'un grave traumatisme crânien, il a été déclaré mort samedi midi, plongeant sa famille et les milieux militants dans le deuil.
L'enquête se poursuit activement, avec la possibilité de nouvelles interpellations alors que les tensions politiques et sociales restent vives autour de ce drame qui a profondément marqué la ville de Lyon et au-delà.



