Mort de Quentin D. à Lyon : l'enquête requalifiée en homicide volontaire après l'autopsie
Mort de Quentin D. à Lyon : enquête requalifiée en homicide

Mort de Quentin D. à Lyon : l'enquête judiciaire prend un tournant décisif

Le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, a tenu une conférence de presse ce lundi 16 février 2026 pour faire le point sur l'enquête concernant la mort du militant d'extrême droite Quentin D. Les révélations sont importantes et marquent un tournant dans cette affaire qui secoue la ville depuis plusieurs jours.

Une agression violente en deux temps

Les événements se sont déroulés jeudi dernier en marge d'une conférence de l'eurodéputée Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Un groupe de sept jeunes femmes du collectif d'extrême droite Némésis manifestait devant l'établissement lorsqu'un autre groupe est intervenu pour leur arracher leur banderole. Deux jeunes femmes ont été violentées, l'une étranglée et l'autre frappée à terre.

Plus tard dans la soirée, vers 18 heures dans le 5ᵉ arrondissement de Lyon, trois jeunes hommes dont Quentin D. ont été « violemment pris à partie par un groupe d'une vingtaine d'individus cagoulés et masqués ». Le procureur a précisé qu'ils avaient été « jetés et frappés au sol à de nombreuses reprises par plusieurs hommes, au moins six pour Quentin Deranque ».

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Les résultats accablants de l'autopsie

L'autopsie a révélé des lésions particulièrement graves. Quentin D., âgé de 23 ans, présentait « essentiellement des lésions à la tête » dont « un traumatisme crânio-encéphalique majeur » qualifié par le médecin légiste comme étant « au-delà de toute ressource thérapeutique et mortelles à brève échéance ».

Le procureur a formellement démenti la présence de coups de couteau, contredisant ainsi les premières informations qui avaient circulé vendredi. Le jeune homme est décédé à l'hôpital le 14 février à 12h25, après avoir été pris en charge par les secours alors que son pronostic vital était déjà engagé.

Requalification de l'enquête en homicide volontaire

Face à ces éléments médicaux accablants, le parquet a décidé de requalifier l'enquête. Initialement ouverte pour « coups et blessures mortels », elle devient désormais une enquête pour « homicide volontaire » et « violences aggravées par trois circonstances : réunion, masqué et port d'armes », ainsi que « association de malfaiteurs dans l'intention de commettre un délit ».

L'enquête a été confiée à la brigade criminelle de Lyon qui a déjà auditionné une quinzaine de personnes et analysé plusieurs vidéos des faits. Cependant, le procureur a indiqué qu'« aucune interpellation n'a été effectuée » à ce stade, précisant que « l'enquête cherche à identifier l'ensemble des auteurs directs des faits puis des interpellations seront effectuées ».

Les implications politiques et les démentis

L'affaire prend une dimension politique avec la désignation par la présidente du collectif Némésis, Alice Cordier, de Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député Raphaël Arnault, comme étant parmi les agresseurs. Ce dernier a démenti « formellement » toute responsabilité dans le drame par l'intermédiaire de son avocat, tout en se retirant de ses fonctions le temps de l'enquête.

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a annoncé suspendre « les droits d'accès » à l'Assemblée de Jacques-Elie Favrot, dont le nom est cité par plusieurs témoins. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a pour sa part déclaré sur France Inter qu'il ne pouvait confirmer ces informations mais a reconnu l'existence de « nombreux témoignages » en ce sens.

Le positionnement des groupes militants

Alors que le gouvernement a pointé du doigt le groupe antifasciste La Jeune Garde, le procureur a refusé d'en dire plus sur le profil des agresseurs, indiquant qu'il communiquerait sur leur appartenance « quand on aura interpellé les gens ». La Jeune Garde, groupe antifasciste cofondé par le député LFI Raphaël Arnault et dissous en juin 2025, a assuré dans un communiqué qu'elle « ne saurait être tenue pour responsable » de la mort de Quentin D., ayant « suspendu toutes ses activités ».

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Cette affaire complexe continue de mobiliser les services de police lyonnais qui doivent maintenant identifier avec précision les auteurs de cette violence mortelle tout en naviguant dans un contexte politique et militant particulièrement sensible.