Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI), a déclaré jeudi qu'il était possible de remettre en question la qualification de terrorisme pour les massacres du 7 octobre 2023 en Israël. Il s'exprimait lors d'un rassemblement de soutien au militant d'extrême gauche Anasse Kazib, jugé à Paris pour apologie du terrorisme.
Un long développement sur la notion d'apologie du terrorisme
Devant le tribunal de Paris, Jean-Luc Mélenchon a contesté l'inscription dans le droit pénal de la notion d'« apologie du terrorisme », décidée sous le quinquennat de François Hollande. « À supposer que les actes dont on parle soient bien du terrorisme », a-t-il déclaré dans une intervention filmée et mise en ligne sur le site Révolution permanente, l'organisation d'Anasse Kazib.
« Cela peut faire croire qu'en effet, il y aurait parmi nous des gens qui se réjouiraient du terrorisme, à supposer que les actes dont on parle soient bien du terrorisme », a-t-il ajouté. Il a également estimé que « la question de la forme de la résistance que l'on oppose à une oppression et à une occupation, quel que soit l'avis qu'on puisse avoir entre nous et chacun pour soi, est une affaire qui se discute parce que le droit international sur ce point permet que cela soit discuté ».
Polémique autour de la position de LFI sur le 7-Octobre
Le 7 octobre 2023, LFI avait créé la polémique en qualifiant les attaques du Hamas d'« offensive armée de forces palestiniennes », sans souligner leur caractère terroriste, et en jugeant qu'il fallait les « contextualiser ». Dans les mois suivants, LFI a tempéré sa position, mais a fait de la défense des Palestiniens et de la guerre à Gaza, déclenchée par Israël le 7 octobre, l'un de ses principaux thèmes politiques.
Jean-Luc Mélenchon a affirmé que les Insoumis « ont toujours refusé de suivre les caractérisations qui nous étaient suggérées lorsque nous étions interrogés, par respect pour cette possibilité que le droit ouvre ». Il a précisé : « Ce qui n'a jamais voulu dire que nous approuvons telle ou telle méthode de combat, notamment lorsqu'elle implique des civils qui sont sans défense. »
Le procès d'Anasse Kazib renvoyé
Le procès d'Anasse Kazib a finalement été renvoyé. Il était poursuivi pour apologie du terrorisme après avoir publié trois retweets le 7 octobre 2023 : « vive la résistance palestinienne », « Offensive surprise contre l'État colonialiste d'Israël. Soutien à la résistance palestinienne ! », et un tweet en réponse à une condamnation de l'attaque par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen : « ils se tiennent au côté du boucher ». La plainte avait été déposée en janvier 2024 par l'association Jeunesse française juive, qui visait également une quarantaine de personnalités, dont Jean-Luc Mélenchon.



