Un meurtre ciblé bouleverse le calme de Neuilly-sur-Seine, la victime était un criminel notoire
Meurtre à Neuilly-sur-Seine : la victime, un criminel connu

Un quartier paisible de Neuilly-sur-Seine secoué par un assassinat

Une voiture de la police municipale bloque l'accès au boulevard Victor Hugo, dans un secteur habituellement tranquille de Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine. Une habitante s'approche d'un agent, intriguée par ce déploiement de forces de l'ordre. « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demande-t-elle. L'agent répond sobrement : « Il y a eu un accident grave. » En réalité, un meurtre a été commis en ce jeudi matin.

Une attaque violente et ciblée

Vers 9h20, deux individus circulant sur un scooter de type T-Max se sont arrêtés près de la victime, qui résidait dans cette rue. Selon nos informations, ils lui ont tiré dessus à plusieurs reprises, notamment dans la tête avec une arme de poing, avant de prendre la fuite. Les policiers intervenus sur place ont tenté de réanimer l'homme en pratiquant un massage cardiaque, en attendant l'arrivée des secours. Malgré leurs efforts, la victime, grièvement blessée, est décédée sur les lieux. Le deux-roues utilisé par les tueurs a été retrouvé plus tard, incendié, dans le 17e arrondissement de Paris.

L'émoi des riverains dans un quartier résidentiel calme

« C'est la première fois qu'il se passe quelque chose comme ça ici. C'est un quartier très calme. En voyant les caméras des journalistes, j'ai d'abord pensé qu'ils tournaient un film », confie un riverain, encore sous le choc. Dans la rue, les experts de la police technique et scientifique, vêtus de combinaisons blanches, s'affairent à rechercher des traces et indices pour identifier les auteurs de ce crime. Le corps de la victime a été dissimulé sous un chapiteau blanc installé sur le trottoir. De nombreux proches se sont déplacés, et une femme a hurlé de douleur lorsque le corps a été évacué vers 14h30.

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Une piste de règlement de comptes privilégiée

Une chose semble certaine : la victime n'a pas été choisie au hasard. Les enquêteurs de la brigade criminelle privilégient à ce stade la piste d'un règlement de comptes. Signe de la sensibilité de l'affaire, le parquet de Nanterre, initialement chargé des investigations, s'est dessaisi au profit de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris.

La victime, Eric Robic, était un criminel notoire

Eric Robic, 51 ans, « était connu de la justice », a indiqué la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, dans un communiqué. Son casier judiciaire comporte douze condamnations depuis 1994, pour des infractions financières (notamment au préjudice de concessionnaires automobiles et d'organismes bancaires) et pour homicide involontaire aggravé par conducteur.

Il avait défrayé la chronique en septembre 2011 : alors qu'il conduisait sa BMW X6 en état d'ébriété dans les rues de Tel-Aviv, il avait renversé une jeune femme de 25 ans, Lee Zeitouni, avant de prendre la fuite avec son passager, sans porter secours. Il avait regagné la France dans les heures suivantes et a été condamné en 2014 à cinq ans de prison par le tribunal correctionnel de Paris.

Plus récemment, en janvier 2024, Eric Robic a été condamné à 18 mois de prison entièrement assortis d'un sursis probatoire dans le cadre d'une vaste escroquerie internationale ayant fait une centaine de victimes en 2013 et 2014.

Les témoignages des habitants

Laurent, 65 ans, s'apprêtait à travailler lorsqu'il a entendu « trois ou quatre coups de feu ». « Je n'ai pas compris ce qu'il s'était passé. Ça m'a semblé bizarre. Mais comme il y a un chantier à côté, ça fait du bruit. Et j'ai pensé qu'il avait laissé tomber quelque chose. En sortant de chez moi, j'ai vu que tout était bloqué par la police », raconte ce témoin, vêtu d'une veste verte et portant une barbe grisonnante.

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Gaspar, 15 ans, a reçu un message de sa petite amie qui habite dans la rue : « Ish, à Neuilly, il s'est passé un truc de ouf, il y a des policiers face à moi », avant qu'elle ne parte à l'aéroport pour des vacances. L'adolescent et ses amis, scolarisés au lycée Pasteur, ont été choqués d'apprendre qu'un homme s'était fait assassiner dans cette rue « où il n'y a rien du tout ». « C'est un peu chaud », dit l'un, tandis qu'un autre trouve la situation « troublante ».

Ce meurtre ciblé a donc profondément troublé la quiétude de ce quartier résidentiel, où se trouve notamment le siège de la DGSI, rappelant que la violence peut frapper même les endroits les plus paisibles.