Montpellier : l'accusé d'un meurtre par balle avoue "avoir du sang sur les mains"
Meurtre à Montpellier : l'accusé avoue "du sang sur les mains"

Un drame dans le quartier Saint-Martin de Montpellier

Samir Fadili, un Montpelliérain de 29 ans, comparaît devant la cour d'assises de l'Hérault pour le meurtre d'Elias Belhadj, âgé de 20 ans. Les faits remontent au 22 juin 2020, vers 3 heures du matin, dans le quartier sensible de Saint-Martin à Montpellier. L'accusé a tué la victime d'une balle de pistolet 7.65 tirée en plein thorax. Arrêté à Charleroi en Belgique après un an et demi de cavale, Samir Fadili livre des déclarations poignantes sur son acte.

"J'ai du sang sur les mains, j'ai gâché ma vie"

En 2023, lors d'un entretien avec l'expert psychologue Danielle Cani, Samir Fadili exprime son profond regret. "J'ai sauvé la vie de mon père, mais j'ai perdu la mienne. J'ai du sang sur les mains, j'ai gâché ma vie", confie-t-il. Selon ses proches et sa propre version, le crime serait lié à un conflit familial avec des petits trafiquants de drogue dans le quartier. Il affirme avoir agi après avoir vu son père molesté par des jeunes.

Une famille plongée dans le calvaire des stupéfiants

Abdellakh Fadili, père de Samir et entrepreneur ayant mené des affaires en Norvège, en Angleterre et à Nice, a acheté un appartement à Saint-Martin en 2014 pour y vivre avec ses cinq enfants. Rapidement, la famille se retrouve confrontée à des problèmes liés au trafic de stupéfiants. Dès 2016, le frère cadet de Samir, refusant de participer au trafic, est pris à partie et impliqué dans des bagarres. La famille dépose des plaintes, et le garçon finit par repartir à Brighton.

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Le troisième frère, quant à lui, finit par s'impliquer dans les trafics, replongeant la famille dans des embrouilles inextricables de cité. Ces tensions débouchent sur le drame du 22 juin 2020. Samir Fadili, décrit comme intellectuellement surdoué mais ayant arrêté le collège en troisième, avait créé une petite société de livraison. Sa compagne, Priscilla, qu'il a épousée religieusement, le décrit comme "le mari idéal", malgré sa détention.

L'ombre du proxénétisme et un témoignage évasif

Problème : Samir Fadili a été condamné avec Priscilla pour proxénétisme aggravé à Montpellier en 2023. Il avait organisé ses rendez-vous via internet et la conduisait dans toute la France vers des hôtels où elle se prostituait, entraînant d'autres adolescentes dans cette activité. Sous le nom de code "Dominatrice666" ou "BeuretteDominatriceCoriace", Priscilla est appelée à témoigner au procès.

À la barre, cette jeune femme brune, agressive et très apprêtée, marquée par la chirurgie esthétique, se montre réticente. "Je n'ai rien à dire !", crache-t-elle. Malgré les insistances du président, elle se bute et finit par quitter la salle avec de nombreux membres de sa famille, sans avoir prononcé un mot en faveur de Samir Fadili. Interrogée sur sa participation à des activités de proxénétisme, elle répond évasivement : "Je saurais pas vous dire", "Je m'en rappelle plus".

Le scénario du crime et les représailles

Samir Fadili tente d'expliquer les circonstances du meurtre. "À ce moment-là, je tire pas pour tuer, je tire pour les faire fuir", déclare-t-il. Après le crime, avec l'aide de sa famille, il prend la fuite pendant 18 mois avant d'être arrêté en Belgique. "Sur le coup, je pars par peur des représailles, et par la suite, je voulais me rendre, mais je n'y arrivais pas", explique-t-il.

Des représailles surviennent effectivement quelques mois après le crime, avec des tirs visant l'appartement familial et une grenade lancée dans leur cave. Le quartier Saint-Martin reste sous tension, comme en témoignent une double tentative de meurtre jugée le mois dernier et des rivalités entre épiceries de nuit ayant causé des morts en 2025.

Un père absent et un verdict imminent

Le père de l'accusé, initialement soupçonné et écroué, a bénéficié d'un non-lieu. Cependant, il ne se présente pas pour témoigner au procès de son fils, conduisant le président à décerner un mandat d'arrêt contre lui. Le verdict est attendu pour jeudi 26 ou vendredi 27 février. Samir Fadili risque la prison à perpétuité pour meurtre en récidive, dans une affaire qui illustre les violences persistantes liées au trafic de drogue dans les quartiers sensibles de Montpellier.

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