Le jeune homme accusé du meurtre d'un adolescent de 16 ans, poignardé lors de la Feria de Béziers en 2024, reste en détention provisoire. La cour d'appel de Montpellier a prolongé de six mois sa détention provisoire ce mardi 25 août, après une audience qui s'est tenue à Montpellier jeudi 20 août. L'accusé, qui avait 18 ans au moment des faits, est aujourd'hui âgé de 20 ans.
Une moquerie à l'origine du drame
Le drame s'est produit au début de la Feria de Béziers, lorsque la victime et l'auteur présumé se sont accrochés au Polygone. Selon les informations recueillies par Midi Libre, le défunt se serait moqué de l'accusé parce qu'il aurait assisté ou participé au viol de la petite amie du suspect. Ce dernier aurait récupéré un couteau avant de revenir sur les lieux du drame. La victime, âgée de 16 ans, a succombé à un coup de couteau dans la gorge, alors que trois coups avaient été portés.
Me Josy-Jean Bousquet, du barreau de Béziers, qui défend l'accusé, a confié : « Il supporte assez bien la détention. Il a conscience qu'il a mal fait, mais qu'on l'accuse de choses qu'il n'a pas faites. La volonté de tuer n'a jamais existé pour lui. » Il a ajouté : « Le problème, c'est que dès que l'on est armé on peut s'en servir. Mais il faut tout de même savoir que mon client voulait défendre le père de sa copine quand il a porté les coups de couteau. »
Un avenir obéré par le drame
Selon Me Bousquet, « aujourd'hui, il ne se projette pas dans l'avenir. Même s'il est encore jeune, une grande partie de sa vie est obérée par ce drame. Il travaille pour cantiner, mais pas pour lui. » Le jeune suspect, qui travaillait dans un restaurant des Allées au moment des faits, ne reçoit que la visite de sa mère. La petite amie de l'époque ne donne plus de nouvelles, pas plus que son beau-père.
L'avocat a également contesté les motifs de la détention : « Les femmes des détenus n'ont pas la conscience des femmes de marins. Aujourd'hui, on le maintient en détention pour qu'il n'y ait pas de trouble à l'ordre public. Mais aussi pour être certain qu'il se présentera à l'audience. Cela ne tient pas. Il faut de l'argent pour être en cavale. Il n'a pas le sou vaillant. Et le trouble à l'ordre public, il ne dure pas tout le temps. Il faut arrêter avec cet argument. Mon client sait pertinemment que s'il était sorti de détention provisoire, il y serait retourné après le jugement. »
Vers la fin de l'instruction
Au mois de mai a eu lieu la reconstitution du drame. Le médecin légiste doit encore remettre ses conclusions, ce qui marquera la fin de l'instruction de ce dossier. Me Bousquet a précisé : « Je ne plaiderai pas la relaxe. Il sait ce qu'il a fait. Il dit qu'il a eu peur pour son beau-père alors que ce dernier se battait au sol avec la victime. Pour moi, le défunt était en capacité de se défendre. C'est ce que je pense et si tel n'avait pas été le cas je ne serais pas sur ce dossier. Ce gamin a toujours parlé et toujours collaboré. Il attend son jugement avec inquiétude car il a besoin de savoir à quoi il va être condamné. »
L'avocat a conclu : « C'est un garçon que rien ne laissait penser qu'il finirait comme ça. S'il a eu un problème avec la victime ce n'est que par la petite amie. Ils ne se connaissaient pas. Il a voulu jouer le chevalier servant. Le drame dans tout ça c'est qu'un gamin de 16 ans a perdu la vie pour des propos à la con, tué par un gamin de 18 ans. Nous sommes face au drame du langage, dirait Ludwig Wittgenstein, c'est qu'on ne sait plus se parler. On se parle un couteau à la main. »



