Une jeune femme de 24 ans a comparu hier devant le tribunal correctionnel de Grasse pour avoir menacé ses voisins avec un couteau à pizza, le 3 avril dernier à Antibes. Les faits se sont produits dans la résidence Les Terrasses d'Antibes, vers 22 heures, lorsque la police a été appelée pour tapage nocturne.
Une altercation qui dégénère
À leur arrivée, les forces de l'ordre ont entendu des hurlements et des coups dans les murs. Plusieurs personnes se trouvaient dans la cage d'escalier. Selon les témoins, une voisine s'était présentée à la porte de l'appartement de la prévenue pour demander du calme. « Elle vous dit d'arrêter sinon elle appelle la police, a expliqué la juge Pascale Cina. Vous êtes retournée dans votre appartement quand elle vous voit arriver armée d'un couteau à pizza et accompagnée d'un chien à qui vous donnez des ordres d'attaque. »
C'est l'intervention d'un des amis de la prévenue, présent ce soir-là, qui a permis d'éviter un drame. « On peut tuer quelqu'un avec un couteau comme ça : ce n'est pas un couteau pour le beurre », a commenté la présidente du tribunal.
Un parcours de vie difficile
La prévenue, sous curatelle, s'est montrée très réservée à la barre. Interrogée sur les raisons de son geste, elle est restée silencieuse. « En garde à vue, vous dites que l'un de vos voisins vous a mis une gifle… Ça justifie de sortir arme à la main en voulant planter tout le monde ? » a demandé la juge, sans obtenir de réponse. « Vous avez de la violence en vous et n'arrivez pas à vous contrôler, j'ai raison ou pas ? » « Non », a finalement répondu la jeune femme.
Sa curatrice a décrit un parcours de vie cabossé : la mort brutale de sa mère dans un accident de voiture, laissant orpheline la prévenue et ses deux sœurs, et de grandes difficultés à s'exprimer. « Une relation de confiance peut être mise en place », a-t-elle affirmé, mais du temps est nécessaire.
« Pétage de plombs »
La procureur Sophie Cornelius a qualifié le comportement de la prévenue de « pétage de plombs », estimant qu'elle était en perte de repères. Son avocat, maître Sébastien Perotti, a plaidé que sa cliente avait besoin de soins, pas de prison. Le ministère public a requis 10 mois d'emprisonnement avec un sursis probatoire pendant 3 ans et une obligation de soins.
Le tribunal a finalement condamné la jeune femme à 9 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire renforcé pendant deux ans, assorti d'une obligation de signaler ses déplacements et d'une interdiction de contact avec les victimes.



