Le tribunal correctionnel de Grasse a rendu son verdict ce mercredi dans une affaire de menaces de mort et de transport d'armes. Une femme d'une cinquantaine d'années, I., a été condamnée à 12 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pour avoir menacé son conjoint et sa maîtresse avec une scie et un fusil.
Un triangle amoureux toxique
Le 14 février 2024, jour de la Saint-Valentin, J. reçoit une photo de la part de sa compagne I. représentant une scie et un fusil Baïkal posés contre le tableau de bord de sa voiture. Le cliché est accompagné d'un message décousu dont la présidente du tribunal, Laurie Duca, lit quelques extraits : « Sur la tête de mes enfants, je vais venir et je vais pas rigoler… Tiens, tu vois si je n'y arrive pas… je jure sur le petit… ». Peu après, la voiture de I. se plante dans un arbre. Les pompiers retrouvent deux cartouches dans le véhicule.
Initialement inculpée de tentative d'assassinat, I. est finalement poursuivie pour menace de mort, appels téléphoniques malveillants et transport d'armes de catégorie C et D.
Des allers-retours incessants
L'enquête révèle un triangle amoureux où le mari, J., alterne entre le domicile conjugal et celui de sa maîtresse. La relation extra-conjugale a été découverte après que la maîtresse a oublié son téléphone portable dans le véhicule professionnel de son amant. Depuis, les échanges téléphoniques sont incessants, les menaces pleuvent et la souffrance de I. s'intensifie. Le psychiatre expert la décrit comme une personne dépendante, incapable de se séparer de son conjoint, sans toutefois déceler une dangerosité psychiatrique ou criminelle.
Le sentiment d'être le dindon de la farce
La prévenue, absente à l'audience par peur d'être confrontée à la partie civile, a écrit une lettre au tribunal évoquant 30 ans de vie commune. Son avocate, Me Fanny Lecadre, déclare : « Ma cliente a eu le sentiment d'être le dindon de la farce ». Le ministère public, représenté par Anthony Carello, a requis une peine sévère, soulignant que « l'arme de chasse retrouvée dans la voiture aurait pu faire des dégâts considérables ».
Le tribunal a condamné I. à 12 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pendant 2 ans, avec obligation de soins, interdiction de détenir ou porter une arme pendant 5 ans, et interdiction d'entrer en relation avec les victimes.



