Au Maroc, l'Église en crise après l'enquête sur l'archevêque de Rabat
Maroc : l'Église en crise après enquête sur l'archevêque

L'Église catholique au Maroc traverse une crise sans précédent après la révélation d'une enquête canonique visant l'archevêque de Rabat, Mgr Cristóbal López Romero, soupçonné de violences sexuelles. Selon des sources ecclésiastiques citées par Le Monde, l'enquête a été ouverte par le Vatican en mars 2026, après le témoignage de plusieurs personnes accusant l'archevêque d'agressions remontant à son passage en Bolivie entre 2000 et 2010.

Des accusations anciennes qui refont surface

Les faits présumés auraient eu lieu alors que Mgr López Romero était missionnaire en Bolivie. Au moins trois victimes présumées, aujourd'hui adultes, ont porté plainte auprès du tribunal ecclésiastique. L'une d'elles, âgée de 32 ans, affirme avoir subi des attouchements à l'âge de 13 ans. L'enquête canonique, menée par un prêtre espagnol, a été confirmée par le nonce apostolique au Maroc, Mgr Alberto Ortega Martín, qui a déclaré : « Le Saint-Siège prend ces accusations très au sérieux et suit la procédure canonique avec rigueur. »

Un choc pour la communauté catholique marocaine

La nouvelle a provoqué une onde de choc parmi les quelque 30 000 catholiques du Maroc, une minorité religieuse dans un pays à majorité musulmane. L'archevêque, âgé de 73 ans, avait été nommé à Rabat en 2018 et jouissait d'une bonne réputation. Plusieurs fidèles ont exprimé leur incrédulité. « C'est une situation très douloureuse. Nous prions pour les victimes et pour la vérité », a confié un prêtre de Casablanca sous couvert d'anonymat.

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Les autorités marocaines discrètes

Les autorités marocaines n'ont pas officiellement commenté l'affaire, mais des sources proches du ministère des Affaires étrangères indiquent que le pays respecte la procédure interne de l'Église. Le Maroc garantit la liberté de culte, mais toute affaire de mœurs impliquant un haut dignitaire religieux étranger est sensible. L'enquête canonique pourrait déboucher sur des sanctions allant de la suspension à la destitution, voire à la réduction à l'état laïc.

Un contexte de lutte contre les abus dans l'Église

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de lutte contre les abus sexuels dans l'Église catholique. Depuis 2018, plusieurs évêques ont été sanctionnés dans le monde. Au Maroc, c'est la première fois qu'un archevêque en fonction est visé par une telle enquête. Le Vatican a récemment renforcé ses procédures, notamment avec le motu proprio « Vos estis lux mundi » de 2019, qui impose le signalement des abus.

Mgr López Romero, de nationalité espagnole, est également connu pour son engagement en faveur des migrants. Il avait été nommé cardinal en 2020. Son avocat a indiqué que l'archevêque « nie fermement toutes les accusations » et se dit « prêt à collaborer avec la justice ecclésiastique pour établir son innocence ». L'enquête pourrait durer plusieurs mois.

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