Marche blanche à Paris pour Yvette, tuée dans un incendie criminel
Marche blanche pour Yvette, tuée dans un incendie criminel

Une vie entière consacrée aux autres, et une mort tragique. Il y a un peu plus de deux mois, Yvette Lawson périssait à l'âge de 72 ans dans l'incendie de son immeuble rue de Javel à Paris (XVe). Un événement traumatisant pour ses proches, qui ont organisé ce samedi 23 mai une marche blanche en sa mémoire.

Un hommage poignant

En fin d'après-midi, une rose blanche à la main, près de 70 personnes ont défilé entre la mairie du XVe et le lieu où vivait la victime. Parmi les marcheurs, des membres de sa famille, des amis et des voisins. Sur une pancarte, on pouvait lire : « Maman, on t'aime. Mamie, on pense à toi. Repose en paix. Ton sourire nous manque. » Chaque participant portait un tee-shirt avec les derniers mots de la vieille dame : « Au secours ! Je n'arrive plus à respirer. »

Le héros du jour

Amadou, surnommé « le héros » par des voisines, n'a pas pu sauver Yvette mais a sans doute sauvé d'autres vies cette nuit-là. Alors que les flammes dévastaient les appartements, il avait frappé aux portes pour réveiller tout le monde, fait sortir Yvette, puis s'était occupé de ses enfants. Deux mois après, il est dévasté : « Elle était comme une mère pour moi. Je ne dors plus. C'est très compliqué avec ma femme. Nous aurions au moins pu voir un psychologue. Mais c'est à croire qu'on n'intéresse personne. »

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Une vie de dévouement

Tina, la fille d'Yvette, exprime sa colère : « Nous n'avons même pas reçu un mot de condoléances de la mairie ou du bailleur. Pourtant, ma mère a passé sa vie au service des autres. Elle était auxiliaire de vie et s'occupait de personnes âgées. C'était une vraie Parisienne. Elle a vécu près de vingt ans rue de Javel après avoir quitté Nation. On lui proposait de nous rejoindre dans le Val-d'Oise, mais il n'était pas question pour elle de quitter la capitale. »

Colère et revendications

L'incendie a été allumé par un locataire souffrant de problèmes psychiatriques. Après avoir été interné, il est aujourd'hui en détention provisoire. Les locataires alertaient depuis des années le bailleur du risque. « 40 signalements ! Nos alertes comptaient. Écoutez les familles ! », réclame un voisin. Une plainte a été déposée contre l'individu et contre Paris Habitat pour négligence. Les habitants réclament un relogement décent. « Mon appartement n'est plus habitable, le plafond risque de s'effondrer, explique Soumia. On me parle d'un logement temporaire alors qu'il était question qu'il soit durable. » Amadou, logé provisoirement, refuse de retourner sur les lieux : « Je ne peux pas retourner là-bas avec tout ce que nous avons subi. Mes enfants sont traumatisés. »

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