Le tribunal administratif de Paris a validé mercredi le parcours alternatif proposé par la préfecture de police pour la manifestation pour les salaires et la jeunesse prévue ce jeudi dans la capitale. Les organisateurs, qui contestaient cet itinéraire, ont été déboutés.
L'intersyndicale et les organisations lycéennes et étudiantes avaient initialement proposé un parcours allant de la place de la Bastille jusqu'à la place de la Concorde, non loin de l'Assemblée nationale. La préfecture de police a interdit ce trajet en invoquant un « contexte social extrêmement tendu », marqué notamment par les émeutes urbaines survenues dans la capitale le 17 octobre.
Une décision motivée par le contexte social
Dans sa décision, le tribunal écrit que « la proposition d'un itinéraire alternatif entre les places de la République et de la Nation […] n'est ni inadaptée ni disproportionnée et ne porte pas davantage une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales invoquées ». L'intersyndicale, qui avait demandé l'annulation de l'arrêté préfectoral, a donc été déboutée mercredi soir.
Vincent Gautheron, secrétaire général CGT Île-de-France, a réagi : « En toute responsabilité nous allons appeler à rejoindre le parcours imposé par la préfecture de police. » Il a déploré que « le droit à manifester est soumis aux forces de l'ordre disponibles ».
Un dispositif de sécurité renforcé
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a demandé aux préfets et responsables de sécurité de prévoir des « dispositifs robustes » pour cette journée de jeudi qu'il qualifie de « sensible », selon un télégramme consulté mardi par l'AFP. Il préconise la mise en place de « dispositifs opérationnels robustes, agiles et réactifs », dotés d'effectifs de police et de gendarmerie renforcés.
Quelque 70.000 policiers et gendarmes seront mobilisés ce jeudi en vue de l'appel national à la grève lancé par les principaux syndicats du pays pour défendre les salaires et l'emploi. Ce dispositif est identique à celui mis en place les 24 et 31 octobre.