Le maire de Goudargues condamné pour agression sexuelle : deux ans d'inéligibilité requis
Fred Malher, le maire de Goudargues dans le Gard rhodanien, a comparu ce mardi 24 mars 2026 devant le tribunal pour des faits d'agression sexuelle. L'élu de 45 ans était accusé d'avoir imposé à deux reprises des baisers sur la bouche à une femme lors d'épisodes d'alcoolisation, en octobre 2024 et septembre 2025. Le parquet a fermement réclamé son inéligibilité durant deux ans, soulignant l'incompatibilité entre ces actes et l'exercice de l'autorité publique.
Un casier judiciaire déjà chargé et des faits reconnus
Durant l'audience, la présidente du tribunal a rappelé que le casier judiciaire de Fred Malher était déjà marqué par plusieurs condamnations pour conduite en état d'ivresse en 2013, 2017 et 2019, cette dernière incluant une comparution pour récidive de conduite sous stupéfiants. Le maire a reconnu avoir été confronté à une "polytoxicomanie" et à des problèmes d'alcool, comme en témoignent ces antécédents.
Concernant les faits reprochés, l'élu a admis avoir imposé des baisers forcés à une de ses administrées, expliquant lors des auditions qu'il l'avait "confondue avec sa femme" durant ces moments d'alcoolisation. Bien qu'il ait initialement exprimé des difficultés avec la qualification pénale d'agression sexuelle, il a finalement reconnu devant la cour que cette qualification, précisée comme agression sexuelle par personne en état d'ivresse manifeste, correspondait à son comportement.
La souffrance de la victime et la position du parquet
À la barre, la femme qui s'est constituée partie civile a décrit sa souffrance et son désarroi face à ces baisers imposés. "Le consentement a été clairement refusé", a-t-elle déclaré, soulignant l'impact psychologique de ces agressions. Son avocate, Me Manon Casteran, a insisté sur les conséquences réelles pour sa cliente, qui "ne veut plus que cela se reproduise".
La procureure de la République adjointe, Nathalie Welté, a été catégorique : "maire ou pas maire, personne ne doit imposer des baisers à quiconque". Elle a estimé que les excuses présentées ne suffisaient pas à éviter une déclaration de culpabilité. Pour l'exemplarité, elle a requis huit mois de prison avec sursis probatoire, accompagnés d'une obligation de soins et d'une interdiction de contacter la victime, ainsi que deux ans d'inéligibilité. "Il incarne l'autorité publique, quand on est titulaire de cette autorité, la justice ne peut pas accepter qu'une personne dirige un village, c'est totalement inconciliable", a-t-elle martelé.
La défense plaide la personnalité et l'appel annoncé
Me David Mendel, l'avocat du maire, a tenté de défendre la personnalité de son client, évoquant les difficultés traversées qui, selon lui, lui permettraient de mieux comprendre celles de ses administrés. Il a souligné le caractère complexe de la trajectoire personnelle de l'élu, récemment réélu, et noté que le village lui avait fait confiance en connaissance de cause, la population le considérant comme "un bon maire". Il a demandé au tribunal d'écarter la peine d'inéligibilité, arguant que la publicité de l'affaire était "bien assez" comme sanction.
Vers 18h30, le tribunal a rendu son délibéré : Fred Malher a été condamné à huit mois de prison avec sursis probatoire, avec obligation de soins et interdiction d'entrer en contact avec la victime. Il a également été inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles. Surtout, le tribunal l'a déclaré inéligible pour une durée de deux ans, au regard de la particulière gravité des faits. Me David Mendel a immédiatement indiqué que son client ferait appel, mais uniquement sur la peine, et non sur la culpabilité.



