Les magistrats ont manifesté ce mardi 23 juin à midi devant le tribunal de Béziers à l’appel de l’Union syndicale de la magistrature (USM) et du Syndicat de la magistrature (SM). Ce rassemblement inédit dénonce l’enquête disciplinaire visant un substitut d’Auch après la mort de la fillette Lyhanna dans le Gers, sur fond de défaillances structurelles.
Une mobilisation rapide et unitaire
L'émotion suscitée par la mort de la petite Lyhanna, dans le Gers, est immense. Elle a franchi un nouveau cap depuis ce lundi 22 juin. Après la publication des premières conclusions des inspections administratives sur les « défaillances » qui se font jour et les propos du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, les magistrats sont montés au front. Ils ont manifesté ce mardi matin 23 juin devant le tribunal de Béziers à l'appel de l'Union syndicale de la magistrature.
« Lors de notre conseil national de vendredi dernier, l'Union syndicale de la magistrature (USM) a validé une action de mobilisation concertée avec le Syndicat de la magistrature (SM) au regard du contexte actuel en lien avec l'affaire de Fleurance. Le pré-rapport de l'inspection rendu public ce 22 juin, insiste le syndicat qui appelle à la mobilisation, met en évidence des difficultés structurelles, ce que l'USM dénonce depuis des années, et surtout les déclarations du garde des Sceaux d'engager une enquête administrative disciplinaire à l'encontre de notre collègue substitut à Auch ont accéléré les choses », a expliqué un représentant syndical.
Des revendications claires
Le SM a avisé le bureau national la veille vers 22 heures qu'il appelait à un rassemblement sur les marches des palais ce mardi à 12 h 30. « Malgré le court délai pour se mobiliser, nous ne pouvons pas ne pas y être également tant les circonstances, qui transcendent les divergences syndicales, l'imposent. »
Les magistrats qui étaient devant le tribunal, ce mardi 23 juin, brandissaient des feuilles sur lesquelles il était inscrit : « Je suis substitut à Auch ». L'USM dénonce un climat de « fortes pressions politiques » autour de cette malheureuse affaire. Les magistrats estiment que certains des leurs seraient « cloués au pilori » alors même que les inspections pointent également des difficultés structurelles au sein de l'institution judiciaire.
Un appel à ne pas limiter le débat
Les magistrats insistent sur le fait que « le débat ne peut se limiter à la désignation de responsables individuels ». Selon un communiqué de l'USM, « les inspections révèlent des problèmes systémiques qui nécessitent des réformes profondes, et non des boucs émissaires ». Le rassemblement de Béziers s'inscrit dans un mouvement national, avec des actions similaires prévues dans d'autres tribunaux.



