La préfecture du Rhône a annoncé samedi 21 février 2026 que 3 200 personnes ont participé à Lyon à une marche en hommage au militant d'extrême droite Quentin Deranque, tué la semaine précédente. Les organisateurs ont pour leur part estimé la participation à 3 500 personnes.
Des saluts nazis et insultes signalés à la justice
La préfecture du Rhône a indiqué qu'elle comptait saisir la justice au sujet de saluts nazis ainsi que d'insultes racistes et homophobes survenus pendant l'hommage. Ces gestes et déclarations ont été repérés sur des vidéos de la marche, mises en ligne sur les réseaux sociaux.
Un porte-parole de la préfecture a précisé : « Conformément aux instructions du ministre de l'intérieur, la préfète Fabienne Buccio signalera au procureur de la République tous les gestes et propos répréhensibles détectés. »
Un cortège marqué par l'ultradroite
Derrière de larges portraits de Quentin Deranque, des symboles de l'ultradroite étaient visibles et des discours très politiques ont été tenus contre « le gauchisme » ou « la violence antifasciste ». Des banderoles « l'extrême gauche tue » côtoyaient des drapeaux bleu, blanc, rouge, tandis que les manifestants scandaient « Antifas assassins », « LFI complice » ou encore « Jeune Garde en prison, libérez la ville de Lyon ».
Dans la foule se trouvaient des anciens membres des Remparts (mouvement dissous), d'Audace – descendant du Bastion social, un groupe nationaliste-révolutionnaire dissous en 2019 – et du syndicat d'extrême droite, la Cocarde étudiante.
Présence de figures radicales
En première ligne du cortège à Lyon se trouvait Yvan Benedetti, ancien dirigeant pétainiste de l'Œuvre française, mouvement aujourd'hui dissous, et ex-cadre du Front national avant son exclusion. Marc de Cacqueray-Valmenier, ex-dirigeant des Zouaves Paris, groupuscule d'ultradroite aujourd'hui dissous, était également présent.
Un important dispositif sécuritaire
Le ministère de l'intérieur et la préfecture du Rhône avaient déployé un dispositif sécuritaire conséquent. Renforts de CRS, de gendarmes mobiles, et deux drones surveillaient le cortège. Dès que des contre-manifestants s'approchaient, des policiers se positionnaient pour les bloquer, selon la préfecture.
La préfète Fabienne Buccio avait déclaré : « On ne tolérera pas le moindre incident au sein du cortège ni en marge de cette marche », en expliquant que la vigilance se prolongerait « dans la soirée ».
Opposition politique locale
Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, avait plaidé en vain pour que la marche soit interdite. « Je ne veux pas que Lyon soit la capitale de l'ultradroite », a-t-il déclaré avant la marche. « C'est d'abord la ville de Jean Moulin, la capitale de la Résistance. »
La région Auvergne-Rhône-Alpes, dont l'exécutif est dirigé de fait par Laurent Wauquiez (Les Républicains), a pour sa part déployé un large portrait du jeune homme sur sa façade.
Interpellation et incidents
Une personne a été interpellée au cours de la marche en hommage à Quentin Deranque à Lyon, a fait savoir la préfecture. L'individu, repéré en queue de cortège, était en possession d'un couteau et d'un marteau. Aucune appartenance n'a encore été établie.
À Rennes, 200 personnes ont rendu hommage à Quentin Deranque en fin de matinée. Face à eux, près de 300 contre-manifestants ont déployé une banderole disant « On ne pleure pas les nazis ». Quand certains ont essayé de sortir du périmètre autorisé, les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour les bloquer.
Appel au calme du président
Dans la matinée, le président Emmanuel Macron avait appelé « tout le monde au calme » et annoncé que le gouvernement se réunirait la semaine prochaine pour discuter des « groupes d'action violente ».
Le cortège, qui comptait de nombreux militants d'ultradroite dans ses rangs, a défilé dans le calme sous la surveillance d'un important dispositif policier, avant que les organisateurs ne demandent une dispersion dans le calme en fin d'après-midi.



