La créatrice de contenu Léna Situations, de son vrai nom Léna Mahfouf, est devenue en quelques années l'une des figures les plus populaires de la génération Z en France. Pourtant, cette popularité s'accompagne d'une vague de haine en ligne particulièrement virulente. Pourquoi une jeune femme de 25 ans, qui partage son quotidien et ses conseils mode, suscite-t-elle autant d'animosité ?
Un succès fulgurant qui dérange
Léna Mahfouf a commencé sur YouTube en 2018 avec des vidéos lifestyle et humoristiques. Sa chaîne compte aujourd'hui plus de 2,5 millions d'abonnés, et elle a étendu son empire à Instagram, TikTok et même à la télévision avec une émission sur France TV. Ce succès fulgurant, couplé à des partenariats avec des marques de luxe comme Chanel ou Dior, a fait d'elle une cible privilégiée.
Selon le sociologue Éric Dagiral, interrogé par nos confrères de France Info, cette haine s'explique en partie par un phénomène de « jalousie sociale ». Les critiques reprochent à Léna de « gagner de l'argent facilement » ou de « ne rien faire de ses journées », des accusations récurrentes dans les commentaires. D'autres y voient une forme de sexisme : les femmes qui réussissent dans le digital sont souvent plus attaquées que leurs homologues masculins.
Des polémiques qui alimentent le feu
Plusieurs polémiques ont émaillé sa carrière. En 2020, elle avait été critiquée pour avoir organisé une soirée en pleine pandémie, alors que les rassemblements étaient limités. Plus récemment, sa participation à l'émission « Les Traîtres » sur M6 a été jugée « trop lisse » par certains téléspectateurs. Chaque faux pas est amplifié sur les réseaux sociaux, où des hashtags comme #LenaMahfouf ou #LenaSituations sont régulièrement dans les tendances.
La haine ne se limite pas aux commentaires anonymes. Des vidéastes et des polémistes ont consacré des vidéos entières à démonter son image. En 2021, le vidéaste « Le Raptor » avait publié une vidéo intitulée « Léna Situations, la face cachée », cumulant plus de 3 millions de vues. Ces contenus, parfois accusés de harcèlement, contribuent à entretenir un climat hostile.
Un impact psychologique non négligeable
Dans une interview accordée à « Elle » en 2022, Léna Mahfouf a confié avoir été « extrêmement affectée » par ces attaques. Elle a également révélé avoir consulté un psychologue pour faire face à l'anxiété générée par les réseaux sociaux. « On ne s'habitue pas à la haine, on apprend à vivre avec », a-t-elle déclaré.
Ce phénomène n'est pas isolé. Une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) publiée en 2023 indique que 40 % des influenceurs français déclarent avoir subi du cyberharcèlement. Les femmes sont particulièrement touchées, avec des attaques souvent sexistes ou liées à leur apparence physique.
Une prise de conscience collective ?
Face à cette violence, des initiatives se multiplient pour protéger les créateurs de contenu. En 2023, l'association « Cyberharcèlement » a lancé une campagne de sensibilisation avec plusieurs influenceurs, dont Léna Situations. Des plateformes comme Instagram ou TikTok renforcent également leurs outils de modération, mais la tâche reste immense.
Pour Éric Dagiral, cette haine révèle un malaise plus profond : « La culture de l'annulation et la polarisation des débats en ligne poussent à la caricature. On réduit les personnes à leurs erreurs et on oublie leur humanité. » Une chose est sûre : Léna Situations, malgré les attaques, continue de fédérer une communauté fidèle, preuve que la haine ne fait pas le buzz sur la durée.



