Au palais de justice d'Alès, le procès d'un vaste trafic de stupéfiants en provenance des Pays-Bas et d'Espagne s'est achevé ce jeudi 13 août par les ultimes déclarations des huit prévenus. Avant que les magistrats ne se retirent pour délibérer, l'un d'eux, surnommé « le barbu » et suspecté d'être à la tête du réseau, a pris la parole pour la première fois. Il a nié toute implication et imploré « de la clémence et de la miséricorde », alors que le parquet a requis dix ans de prison et 300 000 euros d'amende à son encontre.
Un prévenu qui sort du silence
Depuis le début de la semaine, le tribunal examine cette affaire de trafic de produits stupéfiants destinés à la région alésienne. Les huit prévenus, placés en détention provisoire, ont été ramenés au palais de justice pour cette dernière journée d'audience. La loi leur permet de s'exprimer avant le délibéré, et la plupart ont présenté des excuses ou exprimé des regrets, tandis que d'autres ont gardé le silence.
La déclaration de « le barbu » a particulièrement retenu l'attention. Ce Gardois de 39 ans, décrit comme salafiste et à l'isolement à Béziers depuis plusieurs mois, n'avait pas pris la parole jusqu'ici, suivant les conseils de ses avocats, absents lors de cette audience. Debout, il s'est adressé au tribunal : « C'est avec une profonde tristesse que je m'adresse à vous. »
« Je nie catégoriquement mon implication »
Le prévenu a maintenu sa position : « Je nie catégoriquement mon implication dans ce trafic. Je n'ai pas été le chef de qui que ce soit. » Il a dénoncé les « calomnies » dont il se dit victime depuis lundi 10 août, qui l'auraient empêché de dormir, et a assuré qu'il ne se considérait pas comme une mauvaise personne.
À propos du réquisitoire du substitut Quentin Larroque, il a déclaré : « Je ne sais même pas comment qualifier ça. Je ne comprends pas. » Se montrant « serein », il a précisé aux juges : « Dans tous les cas, j'accepterai votre décision. Mais j'implore de la clémence et de la miséricorde. Je ne suis pas un danger pour la société. »
Une possible aménagement de peine évoqué
En cas de culpabilité déclarée, ce presque quadragénaire s'est dit prêt à accepter tout aménagement de peine, lançant aux magistrats : « Faites en sorte qu'un homme puisse retrouver ses enfants. Je m'engage que plus jamais vous me reverrez dans un tribunal. »
Le délibéré est attendu dans les heures qui suivent. Les huit prévenus, dont certains ont présenté des excuses et d'autres des regrets, attendent désormais la décision du tribunal, qui dira si les réquisitions du parquet – dix ans de prison et 300 000 euros d'amende pour le chef présumé – sont suivies.



