Le 10 juillet 2026, la cour d'assises de Paris a condamné Lakhdar Matoug à 27 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Assia, commis en 2023. Le corps de la victime avait été retrouvé au parc des Buttes-Chaumont, dans le 19e arrondissement de Paris.
Un crime conjugal aux circonstances glaçantes
Assia, 34 ans, avait disparu le 15 mars 2023. Son corps sans vie a été découvert trois jours plus tard, dissimulé dans un fourré du parc des Buttes-Chaumont. L'autopsie a révélé qu'elle avait été étranglée. L'enquête a rapidement orienté les soupçons vers son mari, Lakhdar Matoug, 38 ans au moment des faits.
Selon les témoignages recueillis par les enquêteurs, le couple était en instance de divorce et Assia avait déposé plusieurs plaintes pour violences conjugales. Le jour du drame, une dispute violente avait éclaté dans leur domicile, conduisant au passage à l'acte.
Un procès marqué par les déclarations de l'accusé
Durant le procès, Lakhdar Matoug a reconnu les faits mais a tenté de minimiser sa responsabilité, invoquant un « accès de colère ». Il a déclaré : « Je n'ai pas voulu la tuer, c'est arrivé dans un moment de folie. » Cependant, les expertises psychiatriques ont conclu à une absence de trouble mental au moment des faits, retenant sa pleine responsabilité pénale.
L'avocate de la famille d'Assia, Me Claire Dupont, a salué la décision : « Cette condamnation est une reconnaissance de la souffrance d'Assia et de toutes les femmes victimes de féminicides. Elle envoie un message fort : la justice protège les victimes et punit sévèrement les bourreaux. »
Un chiffre alarmant : 145 féminicides en 2023
Selon le ministère de l'Intérieur, 145 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France en 2023, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2022. Ce chiffre place la France parmi les pays européens les plus touchés par les violences conjugales mortelles. L'affaire Assia s'inscrit dans ce triste constat, rappelant l'urgence de renforcer les mesures de protection.
Une peine exemplaire pour dissuader
La cour a assorti la peine d'une période de sûreté de 18 ans, empêchant toute demande de libération anticipée avant cette échéance. Lakhdar Matoug est également condamné à l'interdiction définitive du territoire français, étant de nationalité algérienne. Il devra en outre verser 50 000 euros de dommages et intérêts à la famille de la victime.
Le parquet avait requis 30 ans de réclusion, estimant que la préméditation était caractérisée par l'achat de gants et de sacs poubelle quelques jours avant le meurtre. La défense, qui plaidait pour 15 ans, a annoncé son intention de faire appel.
Un drame qui interroge les dispositifs de protection
Cette affaire relance le débat sur l'efficacité des bracelets anti-rapprochement et des ordonnances de protection. Assia avait déposé plainte à trois reprises, mais aucune mesure d'éloignement n'avait été prononcée. Le collectif « Nous Toutes » a dénoncé « une nouvelle faillite de l'État » et appelle à une meilleure formation des magistrats et policiers.



