Affaire des laits infantiles : le décès du nourrisson à Bordeaux non imputable au lait contaminé
L'enquête judiciaire concernant le décès d'un nourrisson survenu à Bordeaux le 8 janvier 2026 a apporté des éclaircissements significatifs. Le parquet de Bordeaux a communiqué ce vendredi que les investigations approfondies n'établissent pas de lien entre le décès et la consommation de lait artificiel, notamment une préparation de la marque Guigoz qui faisait l'objet d'un rappel pour risque de contamination.
Des analyses approfondies sans détection de toxine
Le procureur de la République Renaud Gaudeul a détaillé le processus d'analyse : « Les échantillons de poudre de lait et de lait reconstitué des deux marques consommées par le nourrisson ont été examinés à plusieurs reprises. » Initialement, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) n'a pas caractérisé la présence de céréulide, une toxine produite par la bactérie Bacillus Cereus, mais ses limites de quantification ont été jugées insuffisantes.
Les échantillons ont donc été transmis au laboratoire Sciensano en Belgique pour des analyses plus sensibles. Les résultats, reçus le 4 mars 2026, sont formels : aucune trace de céréulide n'a été détectée. En conséquence, le parquet conclut que le décès n'apparaît pas lié au lait artificiel utilisé pour l'alimentation du nourrisson entre le 5 et le 7 janvier.
Contexte de l'affaire des laits infantiles contaminés
Cette affaire s'inscrit dans un scandale plus large qui secoue l'industrie des laits infantiles depuis la mi-décembre. Nestlé a initié un premier rappel de dizaines de lots dans une soixantaine de pays, suivi d'une cascade de rappels similaires à l'échelle mondiale. En France, la situation est particulièrement préoccupante :
- Trois décès de nourrissons ont été signalés à Bordeaux, Angers et près de Toulouse.
- Une dizaine d'hospitalisations sont liées à la consommation de laits visés par les rappels.
- Les produits incriminés sont suspectés de contamination par Bacillus Cereus et sa toxine, la céréulide.
Le cas de Bordeaux illustre la complexité des enquêtes en cours. Bien que le lait Guigoz consommé par le nourrisson fasse partie des lots rappelés, les analyses n'ont pas confirmé sa responsabilité dans le décès.
Poursuite des investigations médico-légales
Malgré cette conclusion, l'enquête n'est pas close. Le parquet de Bordeaux précise que les investigations se poursuivent, notamment sur le plan médico-légal, pour déterminer les causes exactes du décès. Cette démarche est essentielle pour écarter toute autre hypothèse et apporter des réponses définitives à la famille du nourrisson.
Cette affaire soulève des questions plus larges sur la sécurité des laits infantiles et l'efficacité des procédures de rappel. Les autorités sanitaires et judiciaires restent vigilantes face aux autres cas signalés en France, où le lien avec les produits contaminés fait toujours l'objet d'examens approfondis.



