Deux jeunes Français, Youri G. et Lucille C., âgés d'à peine 30 ans, ont été condamnés à de la prison ferme par le tribunal correctionnel de Monaco ce vendredi 21 août 2026. Ils comparaissaient en comparution immédiate pour « usage et détention de stupéfiants aux fins d'usage personnel », en l'occurrence de la kétamine, un puissant anesthésique utilisé dans le milieu médical et vétérinaire, classé comme stupéfiant. Youri G. a écopé de 4 mois de prison ferme, avec révocation de son sursis de 6 mois, tandis que Lucille C. a été relaxée pour la détention mais condamnée à 8 jours de prison ferme pour l'usage. Tous deux ont également reçu une interdiction de séjour à Monaco pendant 5 ans.
Des faits survenus au domicile de la mère de Youri
Le 17 août au soir, la mère de Youri, inquiète de leur état de santé, a contacté les secours à son domicile en Principauté. Aux urgences, le médecin a constaté des symptômes de consommation de stupéfiants. Les deux prévenus ont chacun déclaré avoir consommé 1,5 gramme de kétamine, mais ont refusé les prélèvements sanguins et urinaires, comme l'a rappelé Brice Hansemann, président du tribunal.
Lors de la perquisition du domicile au petit matin, les policiers ont retrouvé 4 seringues, dont 3 positives à la kétamine, ainsi que des mouchoirs avec du sang frais, mais aucune drogue. À la barre, les deux prévenus ont réfuté toute consommation à Monaco, affirmant avoir consommé à Menton. Youri a expliqué : « J'ai un sac à dos dans lequel je traîne toute ma vie. Ces seringues étaient usagées car j'avais consommé les trois jours d'avant. » Une juge assesseure a rétorqué : « Vous ramenez un sac plein de seringues à Monaco alors que vous êtes en sursis ici ? Ce n'est pas crédible. »
Une vidéo accablante et une récidive légale
Youri, en état de récidive légale, avait été condamné le 14 juillet 2026 à 6 mois de prison avec sursis pour les mêmes faits. Son téléphone, analysé par les enquêteurs, montrait dès le 15 juillet des messages sur la consommation de stupéfiants. D'autres éléments l'accablent : son dossier médical, les témoignages du concierge et de sa mère, ainsi qu'une vidéo prise par celle-ci le soir des faits. Diffusée à l'audience, elle montre les deux prévenus dans un état second, avec des traces blanches sur le nez pour elle et des gestes caractéristiques de toxicomanie pour lui. Lucille a tenté de justifier : « Ce sont des résidus de la consommation à Menton. Parfois, ça peut ressortir des sinus plusieurs heures après. J'avais consommé du Valium et de l'alcool. »
Pour Christine Mutiloa, substitut du procureur général, la défense ne tient pas. « La kétamine a une action rapide et les effets sont plutôt courts. Au repas du soir, avant la vidéo, vous étiez dans un état normal. Une consommation à Menton, ce n'est donc pas possible », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Nous pouvons remercier cette mère protectrice car, depuis plusieurs jours, vous êtes sevrés et pris en charge. » Elle a requis 1 mois de prison ferme pour Lucille, 4 mois ferme pour Youri, la révocation du sursis, et une interdiction de séjour à Monaco d'au moins 5 ans pour les deux, afin d'entreprendre des soins en détention.
La défense plaide pour des soins plutôt que la prison
En défense, Me Lionel Dick et Me Maeva Zampori ont alerté sur l'impact « néfaste » d'une détention sur leur processus de reconstruction et leur volonté d'une nouvelle vie vers Marseille. Me Dick, pour Youri, a plaidé pour « une liberté d'épreuve » avec soins, affirmant : « Il y a un seul coupable, c'est l'addiction. » Il a souligné l'absence de preuves matérielles de consommation à Monaco : « Pas d'aveux, pas de traces de piqûres aux bras et mains, pas d'analyse qui indique que le sang est frais. Les seringues ont-elles été utilisées récemment à Monaco ? » Me Zampori, pour Lucille, a insisté : « C'est aux professionnels de santé de la prendre en charge. C'est sa première fois en justice, elle a reçu une claque, touché le fond. Elle a envie de s'échapper de cette réalité. Il lui faut une peine adaptée et proportionnée. »
Malgré ces arguments, les juges ont condamné Youri G. à 4 mois de prison ferme et révoqué son sursis de 6 mois. Lucille C. a été relaxée pour la détention mais condamnée à 8 jours de prison ferme pour l'usage. Tous deux sont interdits de territoire pendant 5 ans et retournent à la maison d'arrêt.



