Kevin Escoffier face à la justice pour agressions sexuelles présumées sur quatre femmes
Kevin Escoffier jugé pour agressions sexuelles sur quatre femmes

Le navigateur Kevin Escoffier confronté à la justice pour des accusations d'agressions sexuelles

Trois années après les premières accusations, le navigateur français Kevin Escoffier comparaît ce lundi devant le tribunal correctionnel de Lorient. Il est poursuivi pour des agressions sexuelles présumées sur quatre femmes, des faits qu'il conteste avec véhémence. Ce procès tant attendu par l'accusé, selon son avocate Me Virginie Le Roy, permettra au skippeur breton, figure emblématique de la course au large, de s'expliquer publiquement sur ces graves allégations.

Des plaintes déposées en France et à l'étranger

L'enquête judiciaire s'appuie sur les dépositions de quatre femmes qui accusent M. Escoffier d'agressions sexuelles survenues en divers lieux : Newport aux États-Unis, Lorient, le Brésil et Melbourne en Australie. Selon certains témoignages, au moins une partie des faits reprochés aurait été commise alors que le skipper se trouvait en état d'ébriété.

Parmi les plaignantes se trouve l'ancienne attachée de presse de son équipe, une Française aujourd'hui âgée de 33 ans. Dans sa plainte, elle affirme avoir été agressée par Kevin Escoffier dans un bar de Newport en mai 2023, lors d'une étape de l'Ocean Race. "Si ce procès a lieu aujourd'hui, c'est parce que ma cliente a été la première à dénoncer les agressions sexuelles qu'elle a subies. Son courage a rendu cette action en justice possible", souligne son avocate, Me Caroline Toby.

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Le témoignage détaillé de l'ancienne attachée de presse

Lors d'un précédent procès en diffamation intenté par Kevin Escoffier contre Le Canard Enchaîné, la plaignante avait livré un témoignage précis à la barre. Elle a raconté comment, alors qu'elle cherchait son équipe dans le bar de Newport, elle avait rencontré le navigateur. Alors qu'elle s'apprêtait à lui faire une accolade, celui-ci lui aurait "pressé les seins avec ses mains". "Il commence à me palper une fesse, puis l'autre", a-t-elle affirmé, ajoutant que "sa main commence à remonter sous mon t-shirt".

Un parcours judiciaire complexe et des conséquences sportives

Kevin Escoffier avait été placé en garde à vue en février 2025 dans le cadre d'une enquête ouverte en juillet 2023 par le parquet de Paris, puis transférée à celui de Lorient. Peu après la médiatisation des accusations en juin 2023, le navigateur avait quitté l'équipe du monocoque Holcim-PRB en pleine Ocean Race.

En octobre 2023, la Fédération française de voile (FFVoile) avait suspendu le navigateur de toute compétition pour 18 mois et lui avait retiré provisoirement sa licence pendant cinq ans, "compte tenu du faisceau d'indices portés à sa connaissance". Cependant, ces mesures ont été annulées en mars 2024 en raison d'un "vice de procédure".

Un rassemblement de soutien aux victimes

Avant l'ouverture du procès prévue à 13h30, le collectif féministe NousToutes Lorient a appelé à un rassemblement devant le palais de justice. L'objectif est de soutenir les victimes et de "briser le silence sur les violences qui règnent sur le milieu de la course au large".

Un navigateur au parcours contrasté

Ingénieur naval et membre d'une illustre famille de marins bretons, Kevin Escoffier s'est fait connaître du grand public en frôlant la mort en novembre 2020 durant le Vendée Globe. Naufragé lors d'une tempête au large du Cap de Bonne-Espérance, il avait sauté dans son radeau de survie avant d'être secouru in extremis par son concurrent Jean Le Cam.

Les enjeux du procès et les peines encourues

S'il est reconnu coupable d'agression sexuelle par le tribunal de Lorient, Kevin Escoffier encourt une peine maximale de cinq ans de prison, voire sept ans si des circonstances aggravantes sont retenues. Le jugement devrait être mis en délibéré à l'issue des débats lundi soir.

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Ce procès intervient dans un contexte où Le Canard Enchaîné avait été poursuivi en diffamation par Kevin Escoffier pour un article évoquant l'agression présumée de Newport et un "#MeToo de la Voile" en octobre 2023. Le journal a été relaxé en mai 2025 par le tribunal correctionnel de Paris, qui a reconnu que l'enquête reposait "sur un ensemble d'éléments croisés et recoupés".