Jack Lang face à Complément d'enquête : l'ancien ministre se défend sur ses liens avec Epstein
Jack Lang se défend sur ses liens avec Epstein

L'ancien ministre de la Culture confronté à ses liens avec le financier américain

Il avait accepté de venir répondre aux questions, mais a refusé de regarder les images préparées pour l'émission. Sur le plateau de Complément d'enquête, Jack Lang a clairement exprimé son exaspération face aux interrogations concernant son implication dans l'affaire Jeffrey Epstein. « Ras le bol d'entendre répéter les mêmes stupidités, les mêmes erreurs et les mêmes mensonges », a déclaré l'ancien ministre de la Culture, âgé de 86 ans.

Des documents judiciaires accablants

Selon les enquêteurs américains, les noms de Jack Lang et de sa fille Caroline apparaissent à de multiples reprises dans des courriels échangés avec le pédocriminel en série, qui s'est suicidé en 2019. Les documents rendus publics par la justice des États-Unis mentionnent spécifiquement le nom de l'homme politique à 673 reprises dans des échanges avec le criminel sexuel, révélant des liens d'intérêt avec le financier américain.

Celui qui a démissionné de la présidence de l'Institut du monde arabe après la révélation de ces faits a tenté de se défendre, parfois avec maladresse. « Je me sens nickel », a-t-il martelé à plusieurs reprises, avant de manifester son agacement face à la persistance des questions du journaliste Tristan Waleckx.

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La stratégie de minimisation

Interrogé sur la nature de sa relation avec Epstein, Jack Lang a adopté une position de minimisation systématique. « Ce n'était pas un ami, c'était une connaissance. Je ne fais pas partie de son entourage », a-t-il affirmé, se décrivant même comme un « petit Français » en prenant l'exemple de Bill Clinton, qui nie également avoir été au courant des agissements du criminel.

Pourtant, dans ses courriels, Jeffrey Epstein écrivait exactement le contraire. Le pédocriminel déclarait à Caroline Lang : « je me sens faire partie de la famille », qualifiant son père de « grand ami ». Face à cette contradiction, l'ancien ministre a rétorqué : « Je suis quelqu'un de chaleureux », sans apporter d'explications supplémentaires sur cette divergence.

Les connexions problématiques

Jack Lang aurait connu Jeffrey Epstein par l'intermédiaire du cinéaste Woody Allen, accusé d'agression sexuelle sur une fillette de 7 ans, qu'il continue de soutenir publiquement. L'homme politique a reconnu avoir été « une seule fois » dans la maison parisienne du financier américain.

En janvier 2018, un échange de courriels révélé par l'émission montre Caroline Lang informant Epstein que son père a défendu Woody Allen à la télévision. Le pédocriminel américain lui répond alors : « ton père a fait du beau travail », illustrant la proximité entre les différents acteurs de cette affaire.

L'implication de sa fille Caroline

C'est notamment lorsque les questions ont porté sur le rôle de sa fille que Jack Lang s'est montré le plus agacé. Dans un courriel adressé à Epstein, Caroline Lang s'inquiétait des premiers articles de presse évoquant le véritable visage du criminel sexuel.

« J'ai une confiance totale en ma fille », a martelé l'ancien ministre concernant son implication dans une société offshore montée par Epstein, qui fait actuellement l'objet d'une enquête du parquet financier français. Il a ajouté : « Ma fille a été embarquée là-dedans », sans fournir davantage de précisions sur cette affaire.

Les soutiens controversés

Au cours de l'entretien, Jack Lang a semblé « aggraver son cas » en réitérant son soutien à Gérard Depardieu et Roman Polanski, eux-mêmes accusés de faits pédocriminels. Face aux questions du journaliste sur ces prises de position, l'homme politique a lancé : « Vous êtes d'une incroyable ignorance ».

L'ancien ministre est allé jusqu'à reconnaître qu'il avait « peut-être fait une connerie » en acceptant de venir sur le plateau de l'émission, avant de se déclarer « victime » de cette affaire qui continue de le poursuivre malgré ses tentatives répétées de clarification.

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La défense de Jack Lang repose principalement sur l'argument selon lequel, comme de nombreuses personnalités, il ignorait la véritable nature criminelle de Jeffrey Epstein. « Pourquoi doutez-vous de ma parole ? J'ai appris comme tout le monde qu'il était un criminel », s'est-il agacé, expliquant qu'il ne « mettait pas son nez dans les poubelles ou les articles de journaux » pour s'informer des premiers soupçons concernant le pédocriminel.